Roland Garros - News

Djokovic: "J'ai ressenti le soutien et l'amour des gens"

  • Article
  •  
  • 05 Juin 2016
Djokovic:

Novak, que s'est-il passé dans votre tête quand vous avez servi pour le match à 5-4 ?
Il s'est déjà passé beaucoup de chose depuis que je suis arrivé à Paris. En arrivant ici cette année, j'ai ressenti que c'était différent des autres années. La relation, la connexion que j'avais avec les fans et les gens du tournoi, que je vois tous les jours, les agents de sécurité, les ramasseurs de balle, c'était tout simplement différent. Comme les autres années, j'espérais que ce soit la bonne. J'ai ressenti le soutien et l'amour des gens, ce qui me permet d'être ici avec le trophée. Je l'ai ressenti sur le court aujourd'hui. J'étais bien préparé, j'ai fait un bon premier jeu, et ensuite j'en ai perdu quatre de suite. Mes nerfs ont souffert. J'ai eu besoin d'un peu de temps pour trouver mon rythme et jouer de la manière dont je voulais, ce qui a été le cas du début du deuxième set jusqu'à 5-2 dans le quatrième. C'était du tennis sans faille, de grande qualité. A 5-2, je me suis mis à rire. Je ne ressentais pas trop la pression, peut-être que j'ai pris la chose avec trop de légèreté. Andy est revenu, et ensuite, on s'entraîne en tant qu'athlète pour jouer ce genre de points sans penser à ce qu'il vient d'arriver. J'ai ressenti de la tension et de l'excitation. Je me concentrais sur mon service. Et je ne me rappelle même plus du dernier point. C'est comme si mon esprit avait quitté mon corps, que je l'observais, se battre sur les derniers échanges, en espérant qu'Andy fasse une erreur, ce qui est arrivé. C'était un moment fort. L'un des plus beaux de ma carrière. J'espère que ça répond à votre question (rires).

Est-ce qu'on peut dire que tout est parti de vos larmes lors de la cérémonie de remise du trophée l'an passé ?
J'ai ressenti quelque chose de fort avec le public français, et avec Stan. C'était quelque chose que je n'avais jamais ressenti. J'étais passé tout près. J'avais perdu contre un joueur meilleur que moi. Mais ce qu'il s'est passé, la reconnaissance et le respect que j'ai reçus, la standing ovation, ça m'a vraiment profondément touché. J'avais hâte de revenir ici. C'est là qu'on est passé à un autre niveau de connexion.

Qu'est-ce que cela fait de détenir les quatre titres du Grand Chelem en même temps ?
C'est incroyablement flatteur de savoir que seul Rod Laver l'a fait. Il n'y a pas beaucoup de mots pour en parler. C'est l'un des challenges ultimes pour un joueur de tennis. Je suis fier, c'est évident. Mais c'est difficile pour moi de parler ce qu'il s'est passé avant et de ce qu'il va se passer après. Je suis déjà comblé par le fait d'avoir ce trophée à côté de moi, j'essaye de profiter de ce moment.

Vous avez longtemps buté sur Federer et Nadal avant d'exploser. Maintenant vous venez de réaliser quelque chose qu'ils ne seront probablement jamais capables de faire. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Déjà, ils sont encore en activité, ce n'est pas juste de dire qu'ils n'ont aucune chance de le faire. Ils ont tous les deux été à quelques sets d'y arriver durant leur carrière. Je l'ai déjà dit des millions de fois et je le dirai encore: ces deux gars, et Andy aussi, m'ont en grande partie aidé à devenir un meilleur joueur et à réaliser ce que j'ai fait. Nadal et Federer dominaient tellement le tennis, au départ je n'étais pas très heureux de jouer à la même époque qu'eux (rires). Mais après j'ai réalisé que tout arrive pour une raison. On se retrouve dans une certaine situation, avec un objectif, pour grandir et évoluer. J'ai réalisé que je devais devenir plus fort et accepter le fait de lutter avec ces deux immenses champions.

Il n'empêche, vous venez de réaliser quelque chose qu'ils n'ont jamais fait. Est-ce que, d'une certaine manière, cela ne vous permet-il pas de sortir de leur ombre ?
Ce n'est pas à moi de juger de cela. Je me suis toujours comparé à eux en termes de jeu, pour savoir ce que je devais tirer de mon potentiel pour essayer de relever le challenge de les battre, et de casser leur domination. Mais je ne me compare pas à eux en tant que personne. Nous sommes tous différents. J'ai un grand respect pour eux, pour qui ils sont, pour ce qu'ils ont accompli. Ils signifient énormément pour notre sport. Et cela fait plus longtemps que moi qu'ils sont sur le circuit. Ce sont de grands champions, sur et en dehors du court. Ils sont très encouragés, partout dans le monde. C'est magnifique à voir. Je suis heureux de me mesurer à eux.

Vous avez parlé de Rod Laver. Est-ce que le Grand Chelem calendaire est dans votre esprit ? Vous avez fait la moitié du chemin, ce qui est rarement arrivé ces dernières années...
Je ne veux pas paraître arrogant, mais je pense vraiment que dans la vie tout est réalisable. Gagner ce trophée me remplit de bonheur et me comble. J'essaye de profiter de ces moments. Que je sois capable ou non de réaliser le Grand Chelem calendaire, c'est toujours une possibilité. Mais je n'y pense pas en ce moment. J'essaye juste de profiter du fait de remporter un trophée que je n'avais encore jamais gagné.

  • Article
  •  
  • 05 Juin 2016

Commentaires

Service LIVE TV Premium

Votre abonnement ne vous permet pas d'accéder au service LIVE TV Premium.

Découvrir le service LIVE TV Premium

EMBED

Fermer