Roland Garros - News

Djokovic parmi les géants

  • Article
  •  
  • 05 Juin 2016
Djokovic parmi les géants

Novak Djokovic peut dessiner un coeur sur la terre battue, à la manière de Gustavo Kuerten, et s'enfouir dedans. Ça y est, le Serbe a enfin gagné Roland-Garros. Jamais personne n'avait eu besoin de 12 tentatives pour triompher enfin à Paris, mais peu importe. Cela ne change rien au fait que Djokovic a désormais remporté l'Open d'Australie, l'US Open, Wimbledon et Roland-Garros, les quatre tournois du Grand Chelem, ce qui lui permet de rejoindre dans ce cercle très fermé, Rod Laver, Andre Agassi, Roger Federer et Rafael Nadal, les seuls à avoir accompli cet exploit dans l'ère Open. "Djoko" y est donc parvenu, et le faire à la même époque que deux monstres du tennis comme Federer et Nadal rend sa performance encore plus grande, tant pis s'il n'a pas croisé le Suisse et le Majorquin sur sa route cette année. Ce n'est pas comme s'il ne les avait jamais battus.

Pour le Serbe, il valait mieux que ce soit la bonne. Aucun joueur n'a remporté un tournoi du Grand Chelem en y ayant perdu quatre fois en finale auparavant. Djokovic y est arrivé à son quatrième essai, balayant ainsi le souvenir de ses échecs passés. On a pourtant vu quelques fantômes rôder autour du court Philippe-Chatrier, au début de cette finale. Celui de Stan Wawrinka, si fort l'an passé pour priver le "Djoker" du titre, et qui semblait s'être réincarné en Andy Murray, son bourreau vendredi en demi-finale. Déjà impressionnant contre "Stan", l'Ecossais a livré ce dimanche un premier set proche de la perfection, où il donnait l'impression de maîtriser tous les éléments, de pouvoir placer la balle où il le voulait avec son coup droit.

Et maintenant le Grand Chelem calendaire ?

Face à ce Murray-là, même Djokovic, longtemps tête basse, semblait réduit au rang de faire-valoir. Mais le "Djoker" s'est réveillé, soudainement. Après un échange tendu avec l'arbitre à la fin du premier set, et un début de deuxième sous pression, le Serbe a pris le contrôle des opérations, et renversé complètement le "momentum", avec l'aide du Central, acquis à sa cause, ce qui n'était pas forcément prévu. Murray, lui, a pratiquement disparu, peut-être rattrapé par tous les efforts consentis durant la quinzaine. Il s'est retrouvé à subir, fébrile au filet, moins rapide dans ses déplacements, et au final incapable de placer un coup gagnant (3 dans le deuxième, 3 dans le troisième set). Moins bon, tout simplement, et dès le premier coup de raquette, le service (50% de premières, 22/54 derrière la deuxième).

Dans le jeu, Djokovic n'a rien fait d'extraordinaire, ou en tout cas rien qui ne sorte de son ordinaire, mais c'est que ses standards sont extrêmement élevés. Après un dernier moment de frayeur, ou plutôt un baroud d'honneur de l'Ecossais, qui reviendra de 5-1 à 5-4, 40-40, dans le quatrième, Djokovic finira par conclure à sa troisième balle de match, après un échange interminable, et s'écrouler sur le tapis ocre. Comme un symbole, le soleil est apparu à ce moment-là, comme jamais dans une quinzaine grise au possible. Après une si longue attente, le Serbe a enfin remporté les quatre tournois du Grand Chelem, et à la suite en plus, comme Don Budge dans les années 30 et Rod Laver dans les années 60. Une performance d'un autre temps. Maintenant, il ne lui reste plus qu'à aller chercher un 13e et un 14e Majeur à Londres et New York, histoire de réaliser le Grand Chelem calendaire, l'exploit ultime. Djokovic est le premier joueur à se retrouver dans cette position après Roland-Garros depuis 24 ans, à avoir triomphé coup sur coup à Melbourne et Paris. Un géant.

  • Article
  •  
  • 05 Juin 2016

Commentaires

Service LIVE TV Premium

Votre abonnement ne vous permet pas d'accéder au service LIVE TV Premium.

Découvrir le service LIVE TV Premium

EMBED

Fermer