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Djokovic-Murray, un classique pour de l'inédit

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  • 05 Juin 2016
Djokovic-Murray, un classique pour de l'inédit

Tout un Roland-Garros d'imprévus et de rebondissements pour en arriver à ça : une finale entre les deux grands favoris, Novak Djokovic, tête de série n°1, et Andy Murray, tête de série, n°2. Tristement banal ? Tout simplement logique, surtout, dans la mesure où il faudrait être de mauvaise foi, ou aveuglément pro-Nadal, pour ne pas admettre que le tournoi se jouera entre les deux meilleurs joueurs de la saison sur terre battue. Comme à Madrid (victoire serbe), comme à Rome (victoire écossaise). Un partout, balle au centre.

Ce qui saute aux yeux, c'est que les deux hommes sont en pleine forme, et ont joué leur meilleur tennis en demi-finale. Ils ont le même style de jeu, savent imposer leur rythme et contrer les frappeurs ; Stan Wawrinka et Dominic Thiem, impuissants vendredi face à eux, peuvent en témoigner. Pourtant, si Novak et Andy se connaissent par coeur ("Nous nous sommes joués pour la première fois à 11 ans", se souvient le Serbe), se sont déjà affrontés à six reprises en finale de Grand Chelem (4-2), et savent exactement à quoi s'attendre dimanche, leur rapport à Roland-Garros diffère totalement.

Il y a déjà celui qui, il y a quelques années, "ne pensait pas se retrouver en finale de Roland-Garros". C'est Murray, l'Ecossais qui a grandi en Espagne, le pays de la terre battue, mais qui aura pratiquement mis toute une vie de joueur de tennis avant de la dompter et de l'adopter. Il y a à peine un an, avant de gagner à Munich, il avait disputé 38 finales... mais aucune sur ocre. Depuis, il a gagné Madrid (contre Nadal) et Rome (contre Djokovic), plus que suffisant pour le propulser directement dans la caste des meilleurs terriens. Il se déplace de mieux en mieux, et la lenteur de la surface lui donne encore plus de temps pour maîtriser l'échange. Wawrinka, qui l'avait toujours battu sur la brique pilée (3-0), ne l'a jamais trouvé aussi fort que vendredi. Bousculé lors des premiers tours, il est monté en puissance lentement mais sûrement. "Il faisait froid, les courts étaient lents, il faisait humide, il pleuvait, explique Murray pour justifier son début de tournoi laborieux. J'ai dû changer ma raquette en raison des conditions. C'est inhabituel, j'ai même changé la tension de mes cordes, j'ai dû m'adapter."

Un dernier chapitre à écrire

Djokovic, lui, c'est l'inverse de Murray. Il est programmé pour remporter Roland-Garros depuis longtemps. Depuis 2011, surtout, l'année où il est devenu le premier joueur à se hisser véritablement au niveau du roi Nadal sur sa terre favorite. Pourtant, quand ce n'est pas le Majorquin qui lui a fait des misères, il y a toujours eu un Suisse, Federer en 2011, Wawrinka l'an passé, pour se mettre en travers de son chemin. Ses larmes de l'an dernier nous font repenser à la phrase d'Andre Agassi, avant le tournoi, quand il évoquait ce Roland-Garros qu'il aura mis "toute sa carrière" à conquérir. En 1999, le kid de Las Vegas avait 29 ans lors de son triomphe à Paris. A quelques mois près, c'est l'âge de Djokovic. Signe que, même si la carrière du Serbe semble loin d'être terminée, le temps presse, pour lui.

Rejoindre Agassi, mais aussi Rod Laver, Rafael Nadal et Roger Federer, c'est pourtant l'objectif ultime de Djokovic. "Je me suis mis dans la position dans laquelle je voulais être. Roland-Garros, c'est un objectif majeur." Le dernier trophée qu'il lui manque pour compléter son "Djoko Slam", remporter les quatre Grand Chelem (à la suite, qui plus est), et se positionner pour un Grand Chelem calendaire qui paraît dans ses cordes. Pour cette finale, Wawrinka mise sur le n°1 mondial. On aurait aussi envie de lui donner un très léger avantage, eu égard à leur face-à-face. Mais ce 23-10 entre les deux hommes traduit surtout l'affolante régularité du Serbe quand l'Ecossais, parfois, traverse quelques phases de doutes. Le meilleur Murray a déjà battu Djokovic, en finale à l'US Open, à Wimbledon, ou récemment à Rome. L'histoire a beau attendre un triomphe de Djokovic à Paris, il lui reste à écrire le dernier chapitre.

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