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Bardet, itinéraire d'un travailleur

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  • 24 Juil. 2016
Bardet, itinéraire d'un travailleur

"Romain, c'est un gros travailleur, il est très impliqué, je suis très satisfait qu'il puisse en retirer les bénéfices. Il est très perfectionniste. Je suis impressionné par sa détermination. Il est très strict sur tout, c'est sa façon de ne pas avoir de regrets. Pour l'instant, ça marche. C'est la juste récompense des efforts qu'il consent toute l'année. Ce souci des détails, c'est arrivé progressivement. Au début, il faisait du vélo pour s'amuser. Jamais on n'aurait imaginé, qu'il atteigne ce niveau.

On aime bien être ensemble pour ses entraînements. Je pilote le scooter, il se met à l'abri dans les parties ventées. Dans les ascensions, je prends un peu d'avance. Le soir, je commence à m'initier au massage, ça lui permet de récupérer. C'est une demande de sa part qui me fait énormément plaisir. Ça nous permet de passer du temps ensemble. Il parle peu, peu de vélo en tout cas. Quand on est famille, on parle d'autre chose.

Le cyclisme, c'est ma passion. J'ai eu le coup de foudre quand j'ai lu un livre sur Eddy Merckx. Il était d'ailleurs derrière Romain, dans la voiture, lors du chrono de Megève. Romain a pris sa première licence en 2000, il avait 9 ans. Je faisais des courses, il allait dans les courses dès l'âge de 2-3 ans, il avait son petit vélo, il tournait sur les parkings. Il baignait là-dedans. Il a aussi fait un peu de judo, de  la natation. Et du foot jusqu'à l'âge de 16 ans, il jouait attaquant. A 16 ans, il m'a dit : « J'arrête le foot, je fais du vélo. » Il était assez doué en foot, les dirigeants voulaient qu'ils continuent. J'étais gêné, les dirigeants pensaient que je l'avais influencé. Je lui ai dit de continuer le foot. Mais il m'a dit : « Non, j'ai pris ma décision. » C'était difficile de concilier les deux : le collège, les 80 bornes d'entraînement par jour, puis le foot.

Il a toujours été très sérieux. Déjà, ado, quand il était junior, il sortait avec les copains mais faisant en sorte de pouvoir aller courir le lendemain sans être trop fatigué. Ce souci du détail, c'est venu au fil de sa progression. En école de cyclisme, il ne gagnait pas, mais c'est mieux. Les victoires, avant cadets, même juniors, ne prouvent rien. Ça peut être dû à une maturité physique. Ceux qui gagnent chez les cadets et juniors sont parfois dégoûtés quand ils ne gagnent plus en espoirs. Il vaut mieux y aller progressivement. Romain n'est jamais satisfait. Il n'aime que gagner. Quand il faisait une place en cadets, je le félicitais. Un jour, il m'a répondu : « Papa, je ne fais pas du vélo pour faire 15e ».

L'étape charnière, c'est le passage chez les pros. C'est un palier supérieur, où il faut mettre toutes les chances de son côté pour bien pratiquer son métier. Il se documente beaucoup. Il travaille avec Denis Richet, le nutritionniste. Il expérimente tous les domaines. Il a débuté les stages en altitude en 2014, on est parti tous les deux en Sierra Nevada. Il y est retourné l'année dernière avec Ben Gastauer. Et cette année, il y est allé une première fois avec Mikaël Cherel, et une seconde fois où ils étaient huit de l'équipe.

Son rêve ? Il n'en a pas vraiment. Il essaye de bien vivre son métier. C'est un pragmatique. Est-ce qu'il a encore une marge de progression ? Oui, j'en suis convaincu. Il n'a que 25 ans. Les meilleures années d'un athlète sont entre 25 et 30 ans. De là à gagner le Tour un jour ? On ne sait pas, on ne sait jamais. Je n'avais jamais envisagé cela. Deuxième du Tour, deuxième du Dauphiné, ça ouvre des perspectives. Mais il faut que Chris Froome parte à la retraite (rires)."

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  • 24 Juil. 2016

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