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Froome n'a pas à s'excuser

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  • 24 Juil. 2016
Froome n'a pas à s'excuser

C'est monotone, un Tour de France remporté par Christopher Froome. Peut-être, mais rendons hommage au Britannique d'avoir, au moins, contribué à écrire les plus belles lignes du scénario de cette Grande Boucle, fut-elle à l'arrivée déceptive. Avec "Froomey", on pensait tout savoir, connaître sa méthode: une attaque écrasante lors de la première étape de montagne (Ax 3 Domaines 2013, Pierre Saint Martin 2015), un nouveau coup de massue lors du chrono, et une gestion des temps faibles lors de la troisième semaine. Une mécanique rodée, susceptible de s'enrayer en cas de pépin de santé d'un leader qui n'a pas forcément le cuir très épais, comme il y a deux ans (chutes et abandon dès la première semaine).

Ce troisième volet de la trilogie a modifié certains codes. Cette année, Froome a creusé son avance petit à petit. Il a frappé là où ne l'on attendait pas. D'abord en descente, vers Bagnères-de-Luchon. Puis sur le plat, dans le vent, sur la route de Montpellier. Deux attaques bien senties, dont il faut retenir deux choses. D'abord celle que le "Kenyan blanc", longtemps raillé pour son style trop peu académique et pour son manque de "culture" cyclisme, a comblé certaines lacunes au fil des ans. Et ensuite que ces attaques, il l'avouera par la suite, avaient pour objectif de grappiller quelques précieuses secondes en vue du classement final. Parce que, sur un parcours très montagneux, pauvre en contre-la-montre plat, celui qui est surtout le meilleur rouleur des grimpeurs (en attendant que Tom Dumoulin s'y mette vraiment) s'attendait à souffrir en troisième semaine face aux purs escaladeurs, type Nairo Quintana. Or ce sont eux qui ont failli, pas Froome.

Le Maillot Jaune à l'attaque sur le plat avec le Maillot Vert, le Maillot Jaune à pied dans le Ventoux, le Maillot Jaune à terre dans une descente. C'est une évidence, Froome a donné de sa personne, parfois malgré lui, pour donner un peu de piquant au film, en garantir les plus belles images. Il s'est relevé de tout, et c'est certainement plus facile de le faire quand on a deux coéquipiers devant soi, et deux autres derrière, comme c'était le cas dans la descente finale vers Morzine, l'ultime moment où le Tour aurait pu basculer. Le rapport de force était sans doute trop déséquilibré entre le Team Sky et la concurrence, Froome lui-même en convient, et il en semblait gêné samedi soir, prêt à s'excuser. Il n'a pas à le faire. Les autres formations, Movistar et Astana en tête, n'avaient qu'à faire mieux. S'inspirer de Romain Bardet, qui a trouvé le moyen de voir plus haut, deux fois en deux mois (au Dauphiné puis au Tour). Battre Froome et son équipe était peut-être impossible, mais tout n'a pas été mis en oeuvre pour le faire, c'est une évidence. Et on ne peut pas en vouloir à "Froomey".

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  • 24 Juil. 2016

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