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Bardet: "Inimaginable"

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  • 23 Juil. 2016
Bardet:

Romain, la conférence de presse du samedi est généralement réservée au maillot jaune. Qu'est-ce que cela vous fait d'être ici ?
Confirmez-moi que ma place n'est pas usurpée ! Terminer deuxième du Tour, c'était inimaginable pour moi. J'ai encore du mal à réaliser, tout se passe très vite, depuis hier, depuis l'arrivée au Bettex. Il va me falloir du temps pour comprendre ce qui m'arrive. J'ai du mal à prendre du recul. C'est juste dingue. Chaque année, je vous rencontre avant le Tour et je vous dis que je compte faire un Tour plus abouti que les années précédentes. J'y crois, mais je n'ai aucune certitude quand j'avance cela. Et chaque année ça se réalise. Je suis conscient de la dynamique positive et de la chance que j'ai de vivre cela. Il faut que je garde ça en tête, je n'ai pas eu de chute, pas de crevaison au mauvais moment, pas mal de circonstances favorables. On voit qu'il n'y a pas grand-chose entre la deuxième et la cinquième place, mais c'est l'audace qui a payé. C'est un accomplissement.

Vous avez pourtant dégagé beaucoup de sérénité depuis le départ de la course...
C'est une lente évolution, une lente progression dans ma carrière. C'est la correction de facteurs environnementaux qui me perturbaient auparavant. Je laissais beaucoup d'énergie sur des détails, qui polluaient ma performance. Maintenant j'arrive vraiment à exploiter 100% de mon potentiel sur le Tour de France. Toute cette énergie que je n'ai pas dépensé en première et deuxième semaine, en faisant mille schémas tactiques, en ayant l'impression de jouer ma vie chaque jour, c'est ce qui me fait pédaler plu fort en troisième semaine. Ce sont les acquis de l'expérience. Cette capacité à relativiser le sport que je fais, davantage le prendre comme un jeu. On est sur le Tour, mais il faut essayer de prendre du plaisir. Ce n'était pas le cas sur mon premier Tour de France.

En moins de deux mois vous terminez deux fois deuxième derrière Froome, au Dauphiné et maintenant sur le Tour. Est-ce que cela peut changer vos ambitions ?
Non, actuellement, ça ne change rien. Sur le Dauphiné, j'étais vraiment proche de l'exploit. En y croyant un peu plus, j'aurais pu renverser la course le samedi, j'en suis convaincu. Sur le Tour, c'est la meilleure chose que je pouvais espérer. C'est dingue. Quatre minutes d'écart au général, c'est un fossé. Je n'ai aucun regret à avoir, contrairement au Dauphiné, où je n'avais pas assez cru en moi. Mais c'est vraiment fondateur pour ma réussite sur le Tour.

Y a-t-il un moyen de battre Froome ?
Il y a un Team Sky qui est presque hégémonique. Encore aujourd'hui, sur 25 coureurs, il y a cinq représentants de leur équipe. Qu'est-ce que vous voulez faire ? Ils ont une force collective impressionnante. Ça annihile les ambitions de beaucoup d'attaquants.

L'un des domaines où vous avez progressé, c'est sur la gestion des lendemains de journée de repos...
J'ai bien pris soin de noter tout ce que j'avais fait, pour que ça me serve dans les années futures. On allait à tâtons de ce point de vue-là. On a bien travaillé au sein de l'équipe, en micro-nutrition, et surtout avec les conseils de Stéphane Goubert, ancien coureur, qui est maintenant mon directeur sportif. J'ai géré comme s'il n'y avait pas de journée de repos. J'ai essayé de bien rouler, de rapprocher ma journée davantage du quotidien. Ça a bien marché. Je n'ai plus aucune appréhension là-dessus. Ça a été l'un des points-clés de ma réussite sur ce Tour de France.

Après Péraud et Pinot, vous être le troisième Français sur le podium du Tour en trois ans. Qu'est-ce que cela dit du niveau du cyclisme français ?
C'est paradoxal. Je suis comme vous, je suis un observateur qui attendait peut-être plus du cyclisme français sur ce Tour de France. Ça reste du sport, aléatoire. Quand tous les voyants ne sont pas forcément au vert... On a beau faire une super saison, je pense à Thibaut (Pinot), je pense à Arnaud Démare qui gagne une grande classique. Sur le Tour, il y a 21 étapes, il n'y en a pas pour tout le monde. Ce n'est pas forcément symbolique de la place que le cyclisme français prend à l'échelon international. Il y aura des éditions meilleures. Pour moi, elle est excellente, mais je ne généralise pas. On est loin d'être ce qui se fait de mieux en cyclisme, mais on progresse. On a encore des perspectives d'évolution, une autre génération arrive. Il y a une dynamique qui s'enclenche.

Un dernier mot sur les Jeux Olympiques ?
Je ne suis pas fatigué, parce que je me suis enlevé beaucoup de pression cette année. Je vais essayer de rester concentré jusqu'aux Jeux. C'est une occasion unique. Je ne finis pas ce Tour sur les rotules, j'ai encore de la réserve. C'est une belle occasion pour l'équipe de France.

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  • 23 Juil. 2016

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