Filtrer par theme

CANAL+

  • Cinéma
  • Sport
  • Séries
  • Info / Divertissement

Sport

Les bannis du VII

  • Article
  •  
  • 19 Mai 2010
Commentaires
Les bannis du VII

Le tableau idyllique du rugby français a volé en éclats ce mercredi avec la non sélection par Marc Lièvremont pour la tournée d'été du XV de France de quatre internationaux sous prétexte que leurs clubs n'avaient pas accepté de les libérer pour disputer une étape du circuit mondial de rugby à VII. "Un dérapage scandaleux" pour Pierre-Yves Revol et la Ligue nationale (LNR), qui y voient un acte de guerre délibéré de la part de la Fédération (FFR).

C'était trop beau... Le rugby français s'apprêtait à peine à goûter une nouvelle fois l'âge d'or actuel qui est le sien à l'occasion d'un week-end de finales européennes mettant en scène trois de ses représentants, dont deux en finale de la H-Cup, au Stade de France qui plus est, que la boîte de Pandore des luttes intestines entre la Fédération française (FFR) et la Ligue nationale (LNR) s'est rouverte à l'occasion de l'annonce de la liste des 30 sélectionnés pour la tournée de l'équipe de France dans l'hémisphère sud en juin prochain.

On imagine pour tout dire à quel point Marc Lièvremont fut gêné aux entournures à l'heure de coucher les noms des heureux élus retenus pour affronter les Springboks et les Pumas. Jusqu'aux dernières heures précédant la conférence de presse, donnée en direct depuis le CNR de Marcoussis, le sélectionneur aura sans doute cherché une voie de recours, une solution au douloureux cas de conscience qui lui était imposé par le pouvoir fédéral. En cause, quatre noms, ceux du troisième ligne montpelliérain, Fulgence Ouedraogo, de l'arrière-ailier de Brive, Alexis Palisson, accessoirement membre du Grand Chelem l'hiver dernier, son partenaire ouvreur, Fabrice Estebanez, et le troisième ligne du Stade Français, Antoine Burban, que Lièvremont se sera vu interdire de sélectionner, contrairement à ses intentions à l'égard de ces postulants.

Revol: "C'est une forme de chantage inadmissible"



La raison de cet interdit ? L'oukase imposé par le bon président Camou à l'égard de ces quatre bannis, dont le seul tort aura été d'appartenir à des clubs, qui ont osé défier le fameux pouvoir fédéral en refusant de libérer leurs joueurs, sollicités par la FFR, pour disputer la prochaine étape du circuit mondial de rugby à VII ce week-end, à Londres, capitale des prochains JO d'été. Un véritable camouflet pour la Fédération au moment où celle-ci mettait la dernière main à son projet de développement du rugby à VII, future discipline olympique, dévoilé ce même mercredi, et qui doit permettre à la France d'atteindre "un objectif clair: revenir avec des médailles olympiques des JO de Rio en 2016". Désireux d'être en accord avec la politique fédérale puisque nous pensions qu'il y avait une cohérence par rapport à leur temps de vacances et à la reprise d'un entraînement et évoquant, sans convaincre, "un contexte compliqué vis-à-vis de l'IRB", Marc Lièvremont a donc laissé ainsi la politique s'immiscer ainsi dans ses prérogatives de sélectionneur national.

Un précédent d'autant plus fâcheux que Pierre-Yves Revol, le président de la Ligue nationale (LNR), n'a pas tardé à qualifier cette décision de chantage inadmissible, soulignant un "dérapage scandaleux" et évoquant un "comportement féodal" de la part de la FFR et de son président à l'égard de la LNR. L'entente cordiale qui, après bien des accrochages, était née des fins de règne plus apaisées de Bernard Lapasset et Serge Blanco, les deux prédécesseurs de Camou et Revol à la tête des deux grandes instances, ainsi qu'autour de la fameuse convention régissant la mise à disposition des joueurs internationaux, a semblé ainsi volé en éclats. "C'est une forme de chantage inadmissible, qui est exercée sur les joueurs et sur les clubs, a encore commenté, ulcéré, Revol dans son communiqué. C'est une entorse très grave au dialogue et aux relations de confiance qui existaient entre la LNR et la FFR. Avec ce comportement féodal, la FFR ouvre un conflit d'un autre âge, dont elle devra assumer toutes les conséquences."

Et le patron du rugby professionnel de brandir son meilleur allié, les textes qui, dit-il encore, assurent que "la mise à disposition par les clubs des joueurs pour ce tournoi à VII n'était rendue obligatoire ni par l'article 9 de l'IRB et surtout pas par la convention FFR/LNR, qui régit la mise à disposition des internationaux. Compte-tenu des dispositions applicables en matière de congés obligatoires la participation à ce tournoi à VII et à la tournée de juin aurait obligé certains des joueurs concernés à ne pas participer à l'un des trois premiers matchs de championnat." Et pour ne rien arranger: "De plus, la FFR n'a même pas jugé utile de questionner la LNR sur ce dossier."

Ironie de l'histoire, Jean-Claude Skrela, le Directeur Technique National, à l'heure d'évoquer le détail du projet fédéral autour du département olympique censé porter le développement du rugby à VII dans les années à venir, avouait sur le site de la FFR devoir privilégier "une filière de formation de rugby à VII." "Comme on ne pourra pas avoir les joueurs professionnels pendant une année complète, nous devons former des joueurs pour pouvoir aborder les échéances internationales avec sérénité." En attendant, le mal est fait et le pauvre Lièvremont était bien en peine de justifier l'injustifiable. "C'est une déception sportive, humaine parce qu'ils sont pris en otage entre les clubs et la Fédération. Reste que nous avons affaire à des hommes et au respect de la parole donnée. J'ai eu, jusqu'à ce week-end encore, les Présidents, les entraîneurs et les joueurs concernés. C'est un exemple douloureux..." Et d'assurer malgré tout: "Il n'y aura de conséquences pour la suite..." On aimerait en être aussi sûrs...

  • Article
  •  
  • 19 Mai 2010
Commentaires

Commentaires

Service LIVE TV Premium

Votre abonnement ne vous permet pas d'accéder au service LIVE TV Premium.

Découvrir le service LIVE TV Premium