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Question d'assises

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  • 13 Mars 2012
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Question d'assises

Si les six changements opérés pour le Pays de Galles soldent en partie l'héritage du dernier Mondial devenu de plus en plus encombrant au fil de ce Tournoi, Philippe Saint-André, comme tous ses prédécesseurs, déplore à son tour les difficultés physiques d'une équipe de France soumise aux cadences infernales. Un débat éternel, dont PSA attend des réponses lors des prochaines assises du rugby, prévues la semaine prochaine, à Marcoussis.

Même si Philippe Saint-André ambitionne encore "d'enlever le Grand Chelem aux Gallois", l'heure des bilans, avant même cette dernière levée à Cardiff, qui pourrait ne faire qu'accélérer la grande lessive initiée par le premier revers face à l'Angleterre (22-24), est déjà venue. Et avec celle d'un constat récurrent pour tout sélectionneur tricolore: Saint-André, comme tant d'autres avant lui, a mis en avant l'épuisement de ses troupes, de plus en plus flagrant au cours de ce Tournoi, pour expliquer, en partie, l'intégration de six nouveaux joueurs dans le groupe avant de se rendre au Pays de Galles pour le dernier match du Tournoi des Six Nations.

L'appel de six nouveaux joueurs - le deuxième ligne Julien Pierre, le troisième ligne Fulgence Ouedraogo, le demi de mêlée Dimitri Yachvili, le centre Florian Fritz, l'ailier Alexis Palisson et l'arrière Jean-Marcellin Buttin - vient souligner l'intensité physique du rugby international et son corollaire, la difficulté des Bleus, englués dans les limites actuelles du rugby français, entre doublons à répétition et cadences infernales, à y répondre. "Je savais que le chantier allait être énorme. On sait qu'on joue trop. Les joueurs ne peuvent pas jouer 40 matches et enchaîner des rencontres de cette intensité avec plus de 40 minutes de temps de jeu", explique "PSA". Dans le viseur, on l'aura compris, le Top 14...

Des joueurs "sur les rotules"

Jusqu'à présent, Saint-André n'avait fait évoluer son groupe qu'au gré des blessures. Le large turnover dans la liste de 24 joueurs révélée lundi répond à plusieurs logiques, de la fatigue de certains aux choix stratégiques pour d'autres. "Oui, c'est vrai que nous avions décidé de ne le faire qu'en Argentine (lors de la tournée prévue en juin, ndlr). Par rapport au contenu, au match, à la défaite contre l'Angleterre et au niveau de fatigue, c'est un petit peu accéléré. Le malheur des uns fait le bonheur des autres", a-t-il expliqué.

Au sortir des victoires face à l'Italie (30-12) et en Ecosse (27-13), le patron des Bleus avait surtout insisté sur les points à améliorer. Après le nul contre l'Irlande, il a souligné la progression dans le jeu et la conquête, au lendemain de la défaite face à l'Angleterre, il a constaté les lacunes physiques de son équipe. Point fort lors des phases finales de la Coupe du monde, la défense française a montré des défaillances qui ne sont pas seulement dues à la nouvelle organisation mise en place par le responsable de ce secteur, Patrice Lagisquet. "C'est un manque de lucidité en raison du physique. On est dans des zones de fatigue. On a du mal à être réactif. On essaie de mettre plus de volume dans le jeu, mais on a du mal dans la balance pour passer de l'attaque à la défense". Lors des trois dernières rencontres à plus de 43 minutes de temps de jeu effectif, bien plus que la moyenne de 30 minutes dans le Top 14, les Bleus ont tenté d'envoyer du jeu et veulent s'entêter dans cette voie. "On n'est pas loin. Il va falloir bosser physiquement et techniquement. Les Gallois vont essayer de tout jouer et nous mettre dans des niveaux de fatigue élevés. C'est pour cela qu'on a mis du sang frais. On avait des joueurs qui commençaient à être sur les rotules", a-t-il ajouté.

Ce ne sont pas les tanks bodybuildés de la ligne d'arrières galloise qui risquent de ménager les chevaux fourbus de cette équipe de France. Alors Saint-André place ses espoirs dans un autre genre de débats, plus feutrés. "Il y a des assises du rugby après le Tournoi des six nations (20-22 mars), où je pense que tout le monde va essayer de se poser les bonnes questions et essayer de trouver des solutions. Nous (l'encadrement de l'équipe de France), on va essayer de proposer des choses aux assises". Des prolongations au CNR de Marcoussis, à travers ces assises voulues par Pierre Camou, le président de la Fédération française (FFR) et qui doivent réunir les principaux acteurs du rugby hexagonal (Fédération, clubs, partenaires, médias...). Avec pour Saint-André une volonté aux allures de voeu pieux: celle de voir enfin les internationaux bénéficier d'un statut protégé. Une doléance à ce jour toujours restée lettre morte.

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  • 13 Mars 2012
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