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L'appel d'air italien

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  • 11 Mars 2010
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L'appel d'air italien

Adversaire des Bleus dimanche, au Stade de France, la Squadra Azzurra, relancée par sa dernière victoire contre l'Ecosse, la 2e de l'ère Mallett et la 6e en dix ans de Tournoi, veut en croire en un nouvel élan auquel doit contribuer l'intégration à la prochaine Ligue Celte de deux clubs italiens à partir de la saison prochaine.

Ce pourrait être une semaine historique pour le rugby italien. Dimanche, au Stade de France, les rugbymen transalpins tenteront d'arracher sur la pelouse du Stade de France leur première victoire dans le Tournoi face à un XV de France en route pour le Grand Chelem. Le coup de tonnerre serait gigantesque et marquerait à coup sûr le plus grand exploit de la Squadra Azzurra. Quinze jours après avoir su signer à Rome un succès à sa portée face à l'Ecosse (16-12), sa victime préférée depuis son intégration dans le Tournoi en 2000 avec quatre de ses six succès décrochés face au XV du Chardon en une décennie de compétition, la formation de Nick Mallett, en s'imposant à Paris, franchirait un nouveau cap dans le concert européen.

Un an après une dernière édition sans la moindre victoire, achevée lestée de la cuillère de bois pour le deuxième Tournoi de Mallett à la tête de la sélection, l'Italie du rugby guette toujours cet acte fondateur, cette victoire charnière, à l'image d'un engouement populaire, qui malgré l'absence de résultats, ne se dément pas. Comme en attestent les plus de 75 000 spectateurs amateurs d'ovalie réunis en novembre dernier au stade San Siro de Milan pour le choc face aux All Blacks. Forte de ses atouts historiques entre une conquête redoutée et une capacité à faire déjouer ses adversaires reconnue de tous, l'équipe d'Italie reste sur un match capable de rivaliser avec les plus grandes nations, comme elle le prouve depuis le début du Tournoi, selon le voeu exprimé par son sélectionneur à la veille de la compétition, avec une défaite honorable sur le terrain des tenants irlandais (11-29), un court revers à Rome contre l'Angleterre (12-17) et donc un succès sur l'Ecosse. "L'Italie ne fait plus rire personne. Politiquement, c'est correct. Ils ne prennent pas des branlées, note un observateur avisé de la Squadra Azzurra, Jean-Philippe Cariat, entraîneur-adjoint de l'équipe nationale italienne de 2005 à 2009, dans la Dépêche du Midi. L'essai contre l'Ecosse, à partir d'une croisée, a montré que les Italiens étaient capables de faire du jeu". L'entraîneur français se méfie de la mêlée italienne: "Il y a du potentiel dans le paquet d'avants et les trois-quarts ont été renforcés avec l'arrivée de Gower, même si je trouve qu'il joue beaucoup au pied."

La Ligue Celte pour tremplin

Craig Gower, ancien treiziste d'origine australienne, naturalisé italien et que Mallett aura débusqué à Bayonne pour en faire depuis la dernière tournée d'été dans l'hémisphère sud son stratège au sein d'une ligne de trois-quarts, qui attend toujours de remplacer l'icône Diego Dominguez à l'ouverture. Le signe aussi d'une équipe d'Italie qui reste toujours tributaire des mêmes handicaps récurrents entre un réservoir de joueurs limités et un championnat national trop peu compétitif. Et pourtant, parmi le groupe retenu pour préparer ce Tournoi, pas moins de vingt des joueurs retenus par Mallett évoluent en Italie pour seulement dix exilés en France (6) et en Angleterre (4), preuve d'une évidente attention portée à la compétition domestique. Interrogé à la veille de l'ouverture du Tournoi en Irlande sur le poids de l'absence de son capitaine et meilleur joueur, le Parisien Sergio Parisse, forfait sur blessure, quant au rendement de sa formation, Mallett répondait: "Ce serait triste si l'Italie n'était une équipe compétitive que lorsque Sergio Parisse joue. C'est fantastique d'avoir avec un joueur de sa trempe, mais nous avons les moyens d'être performants sans lui."

C'est néanmoins dans le but de permettre aux meilleurs joueurs du Super 10 italien de progresser à un pallier intermédiaire entre la Coupe d'Europe et le niveau international, sans pour autant être contraint de s'exiler à l'étranger, qu'a été annoncée en début de semaine une nouvelle que la fédération italienne (FIR) espère décisive pour l'avenir de la Squadra Azzurra. Contre toute attente, alors que le projet semblait dans l'impasse, l'intégration à la Ligue Celte de deux clubs transalpins, basés au Nord de l'Italie, à compter de la saison prochaine et pour un bail de quatre ans, a été officialisée ce lundi par le bureau exécutif de la compétition.

Après une saison actuelle, qui marquera déjà l'introduction de play-offs et d'une finale inédits, la 10e édition de l'épreuve sera donc historique puisqu'aux côtés des traditionnelles quatre formations irlandaises, quatre galloises et deux écossaises en lice jusqu'alors, et rassurées quant aux conséquences financières d'une telle évolution, seront engagées le Benetton Trevise et l'Aironi Rugby, une équipe, basée à Viadana, émanation de plusieurs clubs de la région. "Je suis persuadé que la Ligue Celte sera bénéfique à l'ensemble du rugby italien, s'est ainsi félicité sur la BBC Giancarlo Dondi, le président de la FIR, et que cela aura un impact positif sur la compétitivité de notre équipe nationale." A l'instar des Pumas, qui s'apprêtent à intégrer le concert des nations de l'hémisphère sud dans un futur Four Nations, l'Italie aspire aux plus hautes ambitions et entend s'en donner les moyens. Un avertissement de plus pour les Bleus de Lièvremont.

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