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Andreu: "Fier d'être là"
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- 10 Mars 2010
Dans la lumière grâce au Castres Olympique qui trône en tête du Top 14 après avoir ciré le banc la saison dernière à Toulon, Marc Andreu a gagné ses galons de titulaires à l'aile droite du XV de France pour affronter l'Italie dimanche au Stade de France lors de la quatrième journée du Tournoi. L'occasion pour ce petit format (1m70, 75kg) de prouver beaucoup de choses.
Comment avez-vous accueilli cette première titularisation en équipe de France ?
Cette titularisation est une bonne surprise pour moi. La balle est dans mon camp. Le staff me fait confiance. A moi de prouver que je peux jouer un match international. J'ai 80 minutes pour prouver que je peux être un bon joueur.
Avec David Marty et vous, le staff a fait le choix d'intégrer deux petits formats...
S'ils nous ont pris, c'est pour nos qualités. David est très explosif et peut percer la défense. Moi, mon jeu est plutôt basé sur les appuis et la vitesse. Je ne suis pas un perforateur ni un mec qui va aller taper dans la défense.
Vous avez le profil d'un Dominici à qui on vous compare souvent...
Oui, c'est un joueur qui me ressemble un peu dans l'aspect physique. C'est quelqu'un qui a beaucoup joué sur son explosivité et ses appuis. Donc c'est une référence que je regarde et dont j'essaie de pomper son expérience et son évolution pour progresser. Maintenant, Christophe Dominici était un joueur, Marc Andreu en est un autre. Même si c'est aussi un enfant du sud comme moi et qu'on a un peu le même caractère, je suis aussi un peu nerveux...
"Beaucoup d'émotions à Cardiff"
Vous risquez d'être sollicité sur les ballons aériens qui ne sont pas votre spécialité. Vous y êtes-vous préparé ?
Je connais Gower (l'ouvreur de la Squadra Azzurra, ndlr) qui évolue en France (à Bayonne, ndlr). Dans deux semaines, on les reçoit. Je pense qu'il a dû déjà regarder quelques vidéos... Il sait que sur les ballons hauts, j'ai quelques centimètres en moins par rapport à d'autres. Mais ce n'est qu'une question d'envie. Si on arrive avec la vitesse sur le joueur adverse, c'est du 50-50 pour attraper le ballon. Et puis, il suffit qu'il se manque sur deux ou trois coups de pied, et ça nous fera des ballons de relance pour moi et Clément (Poitrenaud).
Que retenez-vous de vos premières minutes jouées face au Pays de Galles ?
Beaucoup d'émotions. J'ai essayé de rester concentré sur ce qu'il y avait à faire parce qu'en deux minutes l'équipe galloise était capable de marquer un essai. Je n'ai pas touché de ballons, seulement une situation de défense où il a fallu que je monte vite en pointe.
Comment avez-vous vécu ce match depuis le banc ?
Je suis resté très concentré sur le jeu des Gallois, surtout de l'arrière pour savoir comment il jouait. Avec un oeil extérieur, on a toujours une meilleure vision de savoir comment il se place. Après, j'ai vécu la remontée galloise depuis l'en-but et ça m'a donné quelques sueurs froides.
Connaissez-vous le Stade de France ?
De l'extérieur seulement. Je l'ai juste vu en passant sur le périphérique il y a deux semaines en allant jouer contre le Racing-Métro. C'est tout. Je n'y suis jamais allé.
"A Toulon, on m'a poussé vers la sortie"
Avez-vous l'impression, à travers cette titularisation, de représenter Castres qui trône en tête du Top 14 ?
Oui, j'en suis très fier même si je suis conscient que d'autres joueurs de Castres auraient pu y être. Ça viendra peut-être petit à petit. Luc (Ducalcon) y a été avant moi, c'est lui qui a été notre porte-drapeau bien avant moi. C'est une satisfaction parce qu'on réalise une super saison. Donc je suis fier d'être là.
Vous ne devez pas être déçu d'avoir rejoint le CO ?
C'est clair, je suis persuadé d'avoir fait le bon choix. Même sans avoir commencé la saison, j'étais sûr de mon choix en rejoignant Laurent Labit. J'ai mal vécu oui et non de ne pas avoir beaucoup de temps de jeu à Toulon. C'est le sport de haut niveau. Si je ne jouais pas, c'est que les autres devaient être meilleurs. C'était à moi de prouver le contraire. Et je n'ai pas su le faire apparemment. J'étais peut-être trop dans mon cocon, ce qui m'a empêché de m'épanouir. Je n'avais pas envie de partir pour partir. Si j'avais pu faire toute ma carrière à Toulon, je l'aurais fait. Mais, on m'a poussé vers la sortie... Et Laurent (Labit) est venu me chercher.
Prenez-vous cette titularisation comme une revanche sur cette période ?
Ouais ! Il y a toujours ce petit truc en moi qui dit : « vous ne m'avez pas voulu, je vais vous montrer que vous allez le regretter ». La cerise sur le gâteau maintenant serait d'inscrire un essai avec les Bleus. Mais c'est aussi grâce à Castres que j'en suis là. S'entraîner sous les ordres des deux Lolo, jouer avec des mecs comme Romain Cabannes, Yann Audrin, Romain Teulet, c'est plus facile et ça met en confiance. C'est le groupe qui permet de ressortir les individualités.
"Si on ne met pas les ingrédients..."
Marc Lièvremont, déçu de la seconde période contre les Gallois, attend le XV de France sur l'animation offensive contre des Italiens qui risquent de vous attendre. Avez-vous entendu le message ?
C'est vrai qu'on n'a peut-être pas assez joué contre les Gallois. Contre l'Italie, les sélectionneurs veulent qu'on développe un peu plus notre jeu. Tant mieux pour les ailiers qui vont toucher un peu plus de ballons ! Ça sera peut-être pour moi l'occasion de montrer plus de choses. Maintenant, il faudra rester concentré. Et si on doit réduire le jeu, si on doit jouer au pied, il y a des joueurs expérimentés dans cette équipe qui seront faire les bons choix.
Depuis le banc à Cardiff, avez-eu le sentiment d'assister à un jeu restrictif de la part du XV de France ?
Non, pas du tout. Au contraire, c'est le déroulement du match qui a fait que l'équipe de France a joué comme ça.
Depuis le début de la semaine, l'accent a été mis sur le respect à avoir face à l'Italie. Craignez-vous vraiment cette équipe ?
Oui, on la craint parce qu'elle a gagné contre l'Ecosse chez elle, elle a produit du jeu contre l'Angleterre même si elle n'a pas été récompensée au score, et en Irlande, elle a produit une défense remarquable. En regardant ses matches, on note qu'elle évolue bien. Il faudra prendre ces Italiens très au sérieux. Si on se relâche, on risque de prendre un coup de couteau. Ça peut être un match piège si on ne met pas les ingrédients qu'il faut.
Est-ce difficile d'occulter l'environnement de cette équipe qui ne parle que de Grand Chelem ?
Je pars du principe qu'il faut gravir les marches les unes après les autres. Par exemple, je n'ai joué que deux minutes il y a quinze jours à Cardiff mais il fallait peut-être en passer par là pour être titulaire aujourd'hui. Le Grand Chelem, ce n'est pas le sujet du jour. Il faut d'abord penser à gagner contre l'Italie. Ensuite, on abordera le match contre l'Angleterre et puis seulement le Grand Chelem.
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- 10 Mars 2010