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Ligue des Champions : dix raisons de croire en Chelsea
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- 28 Sept. 2010
Chelsea – OM : le choc de la deuxième journée du groupe F de la Ligue des Champions, ce soir (20h45) à Stamford Bridge, a un petit air de déjà vu. Déjà vu il y a longtemps, il y a plus de dix ans : le 29 février 2000, au deuxième tour de poules de la C1, les Marseillais avaient battu les Blues au Vélodrome (1-0) avant de s’incliner à Stamford Bridge sur un score identique, une semaine plus tard. Si Marseille n’a plus jamais atteint ce stade depuis, Chelsea, pour sa première participation à la C1, allait échouer de peu en quarts-de-finale face au FC Barcelone de Van Gaal et Rivaldo (3-1, 1-5 a.p.)… Autre siècle, autre temps… Les Londoniens n’étaient alors qu’un club de seconde zone anglaise (un seul titre de champion depuis sa fondation, en 1905) et a fortiori, européenne : deux coupes des coupes, en 1971 et 1998, et une Super Coupe. La préhistoire ! C’était avant que l’un de ces « oligarques » russes, un milliardaire méconnu de 36 ans nommé Roman Arkadievitch Abramovitch (50e fortune mondiale en 2010 selon Forbes), ne rachète le club. Ambition affichée : l’installer durablement au sommet du football européen. Un septennat de pouvoir et près d’un milliard d’euros d’investissement plus tard, le pari est gagné. Dans le contexte domestique, Chelsea s’est affirmé comme seul capable de donner la réplique à Manchester United. En Premier League, le club n’a ainsi jamais terminé en deçà de la troisième place (2009), affichant, sur la période, le meilleur classement du pays (1,71e en moyenne) devant les Red Devils (1,85e) ! En Ligue des Champions, les Blues ont toujours franchi le premier tour de poules depuis 2003-2004 (vingt-cinq victoires, douze nuls et seulement cinq défaites en quarante-deux matches). Et ce quelque soit l’entraîneur : Ranieri, Mourinho, Grant, Scolari puis Hiddink ou Ancelotti ! S’ils courent encore après leur premier sacre, 2011 ouvre une fenêtre de tir historique pour un premier triomphe des Blues dans l’épreuve. Explication footballogique en dix points. 1/L’effet statistique. La dernière victoire d’un club inédit remonte à 1997 : les Allemands du Borussia Dortmund. Loi statistique de base : plus une série dure, plus elle approche de sa fin. 2/L’effet troïka. Depuis 2005, seuls les clubs émanant de trois pays se sont partagé la « Coupe aux grandes oreilles » : Angleterre, Espagne, Italie. Guère étonnant : la troïka est largement en tête des victoires en C1 (63%) depuis 1956. Suivant un strict protocole anglo-hispano-italien, le système a accompli deux révolutions complètes : 2005-2007 (Liverpool/Barcelone/AC Milan) puis 2008-2010 (Manchester United/Barça/Inter). Logiquement, 2011 marque le tour de l’Angleterre. 3/L’effet bélier. Finaliste en 2008, demi-finaliste en 2004, 2005, 2007 et 2009 : dans toute l’histoire de la Coupe/Ligue des Champions, nul club n’est passé aussi près en si peu de temps. A la manière de l’Espagne au Mondial 2010, de Clermont dans le Top 14 de rugby 2010 ou d’un Roger Federer à Roland-Garros en 2009, le mur que les Blues ébranlent depuis sept ans va finir par tomber. 4/L’effet Liverpool. Bourreau de Chelsea en 2005 et 2007, battu une seule fois par les Londoniens en huit matches de C1 entre 2005 et 2008, le Liverpool FC, quintuple vainqueur de l’épreuve, n’est pas qualifié pour l’édition 2010-2011 de la C1. Les Reds de l’après-Benitez sont dans une crise sportive et économique qui pourrait marquer un déclin durable. Sportivement comme économiquement, les Blues sont les mieux placés pour leur succéder. 5/L’effet bizutage. Jusque-là, l’admission du Chelsea FC au « Who’s Who » du foot européen (Real Madrid et FC Barcelone, Manchester United et Liverpool, Inter et AC Milan) a été refusée sous tous les prétextes, du plus fallacieux au plus cruel. « But fantôme » de Luis Garcia à Anfield lors de la demi-finale retour 2005 ou penalties refusés à Drogba lors de la demi-finale retour 2009 à Stamford Bridge contre le Barça ou du huitième de finale 2010 contre l’Inter. Sans parler des tirs-aux buts fatals en demi-finale en 2007 ou en finale en 2008. Malédiction ? Complot ? Rien de tout cela, évidemment. « Apprentissage du haut niveau », comme dirait Aimé Jacquet. 6/L’effet Londres. Pour la première fois de l’histoire, trois clubs d’une même ville participent en même temps à la Ligue des Champions. Chelsea, Arsenal, Tottenham : trois clubs qui ne l’ont jamais gagnée. Mieux, la finale 2011 aura lieu à Londres, dans le nouveau Wembley. Qu’une finale se déroule dans sa ville n’est bien sûr pas une garantie de la disputer, encore moins de la gagner. Le cas de figure ne s’est produit qu’à trois reprises, pour un bilan de deux victoires des locaux (le Real vainqueur de la Fiorentina en 1957 à Bernabeu, l’Inter, de Benfica en 1965 à San Siro) contre une défaite (la Roma battue aux tirs-aux-buts en 1984 par Liverpool à l’Olimpico). 7/L’effet Angleterre. Si l’on étend la statistique aux finales disputées dans son pays, l’affaire prend un tour plus convaincant. Sur neuf précédents, les « Nationaux » ont remporté sept victoires. Et la dernière fois qu’un club inédit a été sacré, c’était… Vous suivez ? Le Borussia Dortmund, en 1997. Où eut lieu la finale ? Au stade olympique de Munich, dans le pays des futurs vainqueurs. 8/L’effet Wembley. Le 28 mai 2011, Wembley accueillera la finale de la C1 pour la sixième fois. Un indice amusant ? Quatre des cinq finales précédentes y ont vu le sacre d’un vainqueur inédit. Benfica en 1963, Manchester United en 1968, Ajax en 1971 et Barcelone en 1992. Vainqueur de Bruges en 1978, Liverpool y avait conquis son deuxième trophée, un an après celui de 1977. 9/L’effet Ancelotti. Pourquoi Chelsea plus qu’Arsenal ou Tottenham ? Parce que Carlo Ancelotti. A 51 ans, l’Italien est l’un des plus grands spécialistes de l’épreuve, qu’il a gagnée à quatre reprises comme joueur (1989, 1990) et entraîneur (2003, 2007) de l’AC Milan. Ni Arsène Wenger (Arsenal) ni Harry Redknapp (Tottenham) n’ont jamais gagné l’épreuve, ni aucun trophée européen d’ailleurs. Ni comme entraineur, ni comme joueur d’ailleurs… Joueur, Redknapp débarqua à West Ham l’été qui suivit la victoire des Hammers en C2 1965, mais chacun sait que Frank Lampard, l’un des piliers de Chelsea, est son neveu… 10/L’effet Ballack. L’Allemand a quitté Londres à l’été pour rejoindre le Bayer Leverkusen. L’ex-capitaine de la Nationalmannschaft allemande est l’un des plus incroyables losers du football mondial : battu en finale de la C1 2002 (Leverkusen) et 2008 (Chelsea), en finale du Mondial 2002 (suspendu, il n’avait pas joué avec l’Allemagne face au Brésil) et de l’Euro 2008. Le départ du chat noir ne peut qu’être bénéfique aux Blues. Remember Owen ou Vieira… Tout cela ne dit bien sûr pas que Chelsea sera champion d’Europe, le 28 mai prochain. Mais démontre que les Blues n’ont jamais été mieux armés pour l’emporter…
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- 28 Sept. 2010