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Labeyrie: "Je suis le premier surpris"
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- 30 Mars 2012
C'est dans un contexte difficile, au sein d'une équipe de Hyères-Toulon condamnée à la relégation, que Louis Labeyrie a éclos cette saison en Pro A. Le jeune intérieur (19 ans, 2,09 m), qui affronte Chalon-sur-Saône avec le HTV samedi lors de la 24e journée, "pense" à la NBA mais ne veut pas brûler les étapes. " Quand on se projette trop, on oublie des étapes et la chute est terrible", prévient-il.
Louis, le HTV sort d'une nouvelle défaite contre Roanne (60-85). Encore un soir à oublier...
Oui, je pense que tout le monde n'était pas dans le match, même ceux qui ont eu les meilleures évaluations. Donc voilà, il s'est passé ce qui devait se passer, on a pris vingt-cinq points. C'est un résultat logique...
Comment vivez-vous cette saison chaotique de Hyères-Toulon, condamné à la relégation, qui a eu des gros problèmes financiers et n'a gagné que deux matches ?
Je m'en fiche dans la mesure où ça fait partie des choses que je ne peux pas contrôler. A partir de là, je ne peux pas me dire que c'est de ma faute ou pas. Moi, je suis là, je me concentre sur ce que je sais faire sur le terrain et en dehors, je reste concerné. Je ne me dis pas que je suis déjà en vacances, parce qu'il reste encore huit matches.
Quelle est l'ambiance dans le groupe ? Les joueurs ont-ils encore envie ?
Si tu n'as plus envie, tu peux partir. Moi, j'ai faim parce que j'ai des choses à prouver et que le basket est ma passion. Mais cette année, il y a eu beaucoup de matches qu'on a joués à cinq ou six. Alors qu'il y ait une baisse de motivation chez certains, je trouve ça légitime. C'est dur. L'été dernier, on a eu une réunion syndicale pour savoir comment on allait démarrer la saison. Mais après, il y a eu des problèmes de finances, de sponsoring. En tant que joueur, on n'a aucun pouvoir sur ces choses-là. On aurait pu crier, pleurer ou faire la grève, mais on aurait été en tort. Ce n'est pas pour faire mon Calimero mais je pense qu'aucun joueur de dix-neuf ans n'a vécu ça, à part les jeunes qui sont avec moi. Mon ami Léo Westermann, qui tient la mène à l'Asvel, a aussi de la pression mais à mon avis, pas autant que nous sur une saison comme celle-là avec le HTV.
Le prochain match, c'est contre un sacré client: Chalon-sur-Saône. Qu'attendez-vous de cette rencontre ?
Personnellement, j'espère juste me rattraper de mon match précédent contre Roanne (3 points et 3 rebonds en 20 minutes pour 2 d'évaluation, ndlr). Collectivement, pas grand-chose. On essaie de se faire plaisir et de rester fier.
Paradoxalement, c'est dans ce contexte difficile que, personnellement, vous vous êtes révélé (9,3 points, 6,5 rebonds en 23,4 minutes). Vous y attendiez-vous ?
Pas du tout, je suis même le premier surpris. L'été dernier, quand je faisais des camps, je me disais que la Pro A, ça allait être très compliqué. Je venais de la Pro B où je connaissais un peu toutes les équipes, parce que ça faisait deux ans que j'y étais (avec Fos-sur-Mer, ndlr). Mais après, il y a eu des joueurs qui sont partis, d'autres qui voulaient moins jouer, des problèmes financiers et pour moi, il y a eu une ouverture. Alors je me suis dit que si je pouvais montrer ce que je savais faire, ça ne pouvait être que positif.
Percer aussi vite pour un joueur de votre âge, c'est rare. Avez-vous le sentiment d'avoir progressé par rapport à la saison dernière ?
Oui, je pense avoir progressé sur le poste 4, au niveau du shoot extérieur et de la lecture du jeu notamment. Mais au rebond aussi, parce que ça n'était pas vraiment mon fort auparavant alors que là, j'ai fait de sacrés efforts pour m'améliorer dans ce domaine.
"Un mix entre Kevin Garnett et Joakim Noah..."
Tout le monde s'accorde à dire que vous avez des qualités offensives exceptionnelles. Rémi Giuitta, votre ex-coach à Fos, vous compare même à Ali Traoré...
C'est vrai que j'ai des facilités en attaque mais je ne vais pas commencer à dire que je ressemble à tel ou tel joueur. Je joue mon jeu et voilà. Je suis gaucher contrarié et droitier contrarié, j'écris de la main gauche et je shoote de la main droite, je suis en quelque sorte ambidextre et c'est pour ça qu'on me compare à Ali Traoré, qui sait aussi jouer avec ses deux mains. Mais je suis vraiment encore très, très loin de lui.
Alain Weisz, lui, affirme que vous êtes "aussi doué que Nicolas Batum" (voir encadré). Tous ces compliments ne vous montent pas à la tête ?
Non. Je les écoute mais je ne vais commencer à me dire que je suis déjà au niveau de Nicolas Batum. Les compliments, il faut les prendre tels quels. C'est ce que les gens pensent mais ça ne reflète pas toujours ce que tu es. Je les remercie de dire ça mais après, c'est une question de mesure. Il faut savoir rester les pieds sur terre.
Dans l'idéal, à quel joueur aimeriez-vous ressembler dans l'avenir ?
Ce serait un mix entre Kevin Garnett et Joakim Noah, toutes proportions gardées hein... Ce que j'aime chez Noah, c'est son envie de jouer, son côté rageur "je saute sur tout le monde, sur tous les ballons". Et Garnett, je trouve qu'avec un tel état d'esprit, je pourrais atteindre le très haut niveau. Mentalement, son approche du jeu est unique, je pense.
Ce sont deux joueurs très costauds défensivement, un secteur dans lequel vous êtes perfectible avec votre gabait encore assez filiforme (2,09 m, 92 kg). Pensez-vous pouvoir atteindre un tel niveau dans l'intensité, dans l'agressivité et, surtout, en avez-vous envie ?
Je n'ai pas peur du tout d'aller dans la raquette. Même si tout le monde dit que je suis le plus léger des intérieurs de Pro A, pour moi ce ne sont que des mots. Le fait que je prenne autant de rebonds par match, ça montre que je vais vraiment me frotter aux big parce que ce ne sont pas des rebonds loin du cercle. Si tu as vraiment envie d'aller à l'intérieur, que tu es là, que tu te démènes, que tu vas sur tous les ballons, il y a toujours moyen de s'en sortir. Après, je pense pouvoir progresser autant défensivement qu'offensivement, mais aussi dans l'aspect mental et physique.
Forcément, avec de telles statistiques pour votre âge, votre nom circule déjà en NBA. Est-ce déjà un objectif pour vous ?
Je ne vais pas mentir en vous disant que je n'y pense pas du tout. Bien sûr que j'y pense, comme tout jeune joueur. Quand je vois ce que je fais en Pro A, je me dis que ça va, je ne suis pas si mauvais. Mais il ne faut pas non plus que ça me reste en tête tout le temps. Quand on se projette trop vite, trop loin, on oublie souvent des étapes et la chute est terrible. J'y pense, mais je sais que j'ai encore des paliers à franchir pour espérer y aller un jour. Il faut que ça soit une obsession sans pour autant se dire qu'on y est parce qu'on a vu son nom dans une mock draft.
Vous êtes actuellement prêté par Fos à Hyères-Toulon. Envisagez-vous de rejouer en Pro B la saison prochaine ?
On parlera de mon avenir cet été, en essayant de ne pas arrêter ma progression. C'est le boulot des agents et des coaches. Je ne me fais pas trop de soucis. Pour l'instant, contractuellement, je suis encore avec Fos. Mais je préfère ne pas m'exprimer plus sur le sujet.
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- 30 Mars 2012
