Nelhomme: "Encore en vie"
Le 03/02/12 à 13h42
Après onze défaites de rang, Poitiers est sorti de la zone de relégation avec deux victoires face à Pau et Hyères-Toulon. "On veut rester dans notre dynamique", affirme l'entraîneur poitevin Ruddy Nelhomme avant un déplacement périlleux à Chalon samedi soir lors de la 17e journée de Pro A. Et si l'adjoint de Vincent Collet chez les Bleus a déjà les Jeux dans un coin de sa tête, son "énergie reste polarisée" sur le maintien du PB86.

Grâce à votre victoire face à Hyères-Toulon, vous avez enchaîné un deuxième succès de rang après onze défaites consécutives...
Oui, et on a poussé un gros ouf de soulagement ! Ce n'est pas commun de connaître une série de onze défaites d'affilée. Mentalement, il a fallu être très fort. Et ce n'était pas simple. Mais le groupe a toujours su rester solidaire et aujourd'hui on est sur une série de deux victoires. J'espère maintenant qu'on va pouvoir en gagner onze de suite... Mais on va déjà se contenter de gagner des matches pour atteindre l'objectif du club, qui est le maintien. On est encore en vie, donc à nous de tout faire pour aller chercher cet objectif.

Comment se sort-on d'une telle spirale négative ?
Ça passe par un ensemble de choses. Le discours, les petits détails qu'on essaie de pouvoir améliorer, et il faut également se remettre en cause collectivement et individuellement. Mais il faut aussi être capable de positiver quand il y a des choses intéressantes et d'être dur quand il faut. Ce sont des situations qu'on n'a pas l'habitude de vivre, donc c'est difficile de savoir exactement comment s'en sortir. On a eu l'opportunité de l'emporter au finish à Pau, ça a mis un peu de baume au coeur à tout le monde et ça nous a permis de rebondir. Il y aussi eu cette victoire contre Hyères Toulon et maintenant on joue à Chalon, l'une des très bonnes équipes de notre championnat. Ça va être compliqué pour nous mais on sait que chaque match est important et qu'il faut les jouer à fond.

Une équipe chalonnaise qui vous avait infligé une sèvre défaite au match aller (55-81)...
Oui, mais il n'y a pas de sentiment de revanche. C'est une équipe qui fait un très bon parcours, notamment au niveau européen, même s'ils restent sur une défaite en Eurochallenge. Ils sont bien coachés, il y a une bonne alchimie des joueurs en attaque et en défense. On ne joue pas dans le même championnat. On met toute notre énergie pour sauver le club et aller vers notre objectif, on n'est vraiment pas dans une situation de revanche. On veut rester dans notre dynamique même si on s'attend à un match très difficile.

Vous disputez aujourd'hui un autre championnat que celui de Chalon, mais vous aviez atteint les play-offs il y a deux saisons lors de votre saison de promu. Peut-on parler d'anomalie, si on tient compte du budget et des ambitions du club ?
On était sur une dynamique positive après notre montée et il y aussi eu un effet de surprise. Je pense qu'il y a eu pas mal de choses qui ont fait que, sur la continuité, on a fait une bonne saison. Aujourd'hui, tout devient beaucoup plus dur pour nous. On est attendus, et il faut qu'on soit à 100% en termes de potentiel. Cette année, on a eu pas mal de petits pépins et de blessures en début de saison alors qu'on avait bien commencé. Mais c'est comme ça, ça fait partie du jeu et des saisons d'équipes qui ont un budget plus ou moins limité. Je sais qu'on travaille beaucoup au club pour faire avancer les choses mais ça met du temps pour construire.

"Les Jeux ? Ça ne me hante pas encore..."


Vous avez justement souligné l'implication de l'ensemble des entités du club dans l'opération maintien, notamment au niveau administratif avec les qualifications rapides de vos recrues Tony Dobbins et Jonathan Aka...
Oui, tout à fait. On a tout un club qui pousse derrière le sportif, qui essaie aujourd'hui de faire avancer toutes les différents aspects et c'est vrai que l'administratif a fait un super effort et a été très bien en place pour ces qualifications qui n'étaient pas simples. Le club, et toutes ses entités avec, est tourné vers un objectif: aider le sportif à aller vers ce maintien qui est très important pour qu'on vive notre aventure à fond.

Que pouvez-vous nous dire sur l'apport de ces deux recrues ?
Ce sont des joueurs avec un profil qui leur permet de faire beaucoup de choses des deux côtés du terrain. Tony n'est pas un joueur qu'on va attendre demain à 20, 25 points de moyenne. Mais il apporte du rebond, de la défense et de la sérénité. Il a une grosse expérience, il a déjà joué en Euroligue et toujours gagné quelque chose dans les saisons qu'il a disputées. C'est vrai qu'il apporte une plus-value. Et il n'a pas connu cette période difficile et arrive avec beaucoup de fraicheur. Ça nous fait du bien. Jonathan, il vient remplacer en pige Yann (Devehat, ndlr) et il a faim de montrer des choses et de nous apporter un vrai plus au niveau de l'énergie. J'espère qu'ils vont nous aider à rattraper ce qu'on a moins bien fait lors de la première partie de championnat.

Evan Fournier continue lui à monter en puissance. Comment vit-il toute cette attention autour de lui, avec notamment l'omniprésence de scouts NBA lors de vos matches ?
On essaie de le protéger, bien sûr. Evan a, comme tous les joueurs, un projet individuel. Mais il est très concentré sur notre projet collectif. Tout se passe très bien avec les autres joueurs. Il donne beaucoup à l'équipe et c'est aussi important pour lui aussi dans son apprentissage. Et si on parle beaucoup des scouts et de la NBA, Evan est quelqu'un qui bosse bien et qui n'hésite pas à faire des séances en plus. Donc ça se passe admirablement bien, il n'y aucun souci avec lui.

Vous êtes désormais l'adjoint de Vincent Collet en équipe de France. Comment avez-vous vécu le dernier Euro et avez-vous déjà la tête aux Jeux Olympiques ?
L'Euro, c'est un super souvenir, quelque chose qu'on a envie de vivre en tant que sportif. Et puis aujourd'hui on suit toujours les joueurs de l'équipe de France et on prépare un peu l'équipe pour cet été. Mais mon énergie reste polarisée sur Poitiers. Après, en ce qui concerne les Jeux, ça représente quelque chose d'incroyable, on n'est jamais sûr d'y participer une fois dans sa carrière. J'espère qu'on pourra vivre cet événement pleinement, avec l'équipe la plus compétitive possible pour aller le plus loin dans la compétition. Et puis ça doit être extraordinaire de pouvoir partager un moment avec tous ces athlètes. Mais ça ne me hante pas encore...

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Jacques Monclar

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