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Pagès: "Pas traumatisés"
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- 17 Avr. 2012
Membre de l'équipe navigante de Groupama et responsable du programme voiles de l'équipe française, Laurent Pagès - joint mardi après-midi à Itajai au moment même où les Néo-Zélandais de Camper en finissaient avec la cinquième étape de la Volvo Ocean Race - se réjouissait de voir le monocoque vert et orange de retour sur l'eau, avec un nouveau mât. De quoi basculer sans appréhension sur la sixième étape, en direction de Miami.
Quel est l'état d'esprit de l'équipe navigante au lendemain de la remise à l'eau du bateau, et à quelques minutes de reprendre la mer pour une première session d'entraînement ?
Il y a un peu de soulagement. Le mât a été remis en place il y a deux heures. Tous les aléas logistiques liés à l'acheminement et à la préparation de ce mât de rechange se sont bien passés. On est dans les délais. On va pouvoir se concentrer sur la course et préparer la régate in-port de samedi, et le départ de la sixième étape dimanche. Ça fait plaisir. On est content de voir qu'on a pu s'acquitter comme il fallait des petits soucis techniques.
Quel est l'objectif des navigations à venir d'ici le premier entraînement officiel, programmé jeudi ?
Vérifier l'ensemble des réglages du mât. On a tout un ensemble de données, comme la tension des câbles et la façon dont les voiles s'ajustent dessus, à inspecter. Ce sont des choses qui, normalement, sont en place, puisque c'est un travail que nous avions fait en amont à Lorient. Il n'empêche qu'il faut vérifier que tout tourne comme il faut, que mécaniquement les pièces fonctionnent. Dans l'absolu, il n'y a pas de souci. Mais la seule vérité sera la pratique. On enchaînera mercredi avec un entraînement un peu plus spécifique, pour la régate in-port.
Avez-vous aussi besoin de reprendre confiance avec la machine, après le traumatisme que peut être un démâtage ?
Non, objectivement, on est en confiance avec le bateau. On était arrivé, après une étape difficile sur laquelle il y a eu beaucoup de casse, à trouver le bon curseur de gestion et de vitesse par rapport à nos concurrents, et à ne pas solliciter outre-mesure le bateau. On était sur le point d'arriver à Itajai avec un bateau en très bon état. La confiance est là. Il n'y a pas de raison particulière pour qu'on ait un souci avec ce nouveau gréement. On est serein vis-à-vis du matériel, pour aborder comme il se doit les échéances à venir.
"C'est le genre d'événement qui augmente la motivation"
La déception a-t-elle été longue à évacuer ?
Chacun vit la déception différemment. Mais à partir du moment où on est de nouveau dans la course, c'est-à-dire à partir de mardi, la déception est évacuée. On est tourné vers ce qui va se passer. Et puis on a parfaitement conscience que, d'une certaine façon, on ne s'en sort pas si mal. Quitte à démâter, il valait mieux le faire en fin de parcours plutôt qu'au milieu du Pacifique ! On a conscience de notre « chance » d'avoir pu, malgré tout, récupérer les points de la troisième place. Ça aurait pu être bien plus dommageable. Et puis il ne faut pas oublier que la voile reste aussi un sport mécanique, et que la casse peut arriver.
Dans votre malheur, avez-vous le sentiment de vous en sortir à moindres frais en ne perdant que cinq points sur Telefonica ?
Dans l'absolu on perd plus que ça, puisqu'on était en bonne position pour gagner et leur reprendre 10 points. Au lieu de ça on en perd cinq, donc le delta réel est de 15 points. On aurait pu n'avoir que cinq points de retard à la veille de la sixième étape. On en a 20. Mais c'est loin d'être insurmontable d'ici l'arrivée de la Volvo Ocean Race, à Galway.
Cette casse peut-elle marquer un coup d'arrêt dans votre progression constante, depuis le départ d'Alicante ?
Je ne l'espère pas, et je ne le pense pas. Il n'y a pas de raison. A nous de bien se reconcentrer sur les dimensions sportives, et continuer à développer les éléments techniques sur lesquels on travaille dans la course. Il n'y a pas de raison d'être fébriles ou d'être traumatisés par ce qui nous est arrivé. Au contraire, on est dans le coup et on a le potentiel pour aller chercher Telefonica au classement général. Finalement, c'est le genre d'événement qui augmente la motivation. On va tout faire pour être prêt pour samedi et dimanche. Il nous reste un peu de travail, mais ça se présente bien.
"Je ne suis donc pas surpris par la position de Groupama dans cette Volvo"
Savez-vous un peu ce qui vous attend pour le départ ?
On est dans une zone où généralement, les conditions de vent sont plutôt légères, mais on devrait avoir un peu de vent pour partir au près dimanche. Après, les conditions devront être relativement classiques avec un vent faible, tribord amure. Il va falloir se positionner pour passer l'équateur. Les conditions ensuite, dans les alizés, sont relativement stables et connues. Donc c'est une étape assez claire en termes de météo à grande échelle. Il va falloir jouer avec les nuages, notamment dans la première partie. Et le placement dans les alizés pourrait être décisif en vue du classement à Miami, avec une course de vitesse lors de la seconde partie.
Après cinq étapes sur neuf, où en sont les hommes aussi bien physiquement que mentalement ?
La motivation est toujours là, c'est sûr. Mais le rythme est très soutenu, avec peu de temps de repos et de récupération pour l'équipage, peu de temps pour l'équipe à terre afin d'assurer l'ensemble du suivi technique sur chaque étape. Les organismes commencent à naviguer avec des pertes de poids importantes, de 6 à 14 kilos depuis le départ d'Alicante, ce qui est un révélateur de la fatigue physique. Mentalement, l'envie est là, parce qu'on est dans le coup. On a vraiment une belle carte à jouer sur cette édition de la Volvo. Mais c'est une épreuve de longue haleine. Et on sait que les équipes qui décrochent mentalement ne sont pas là à la fin. Chacun est très concerné par les événements à venir. Et on est très soutenus, que ce soit par notre équipe technique ou par le public en France. Bref, on se reposera à la fin, à Galway.
Ce n'est pas votre première Volvo Ocean Race. Etes-vous surpris par le niveau affiché par Groupama pour sa première participation ?
Très objectivement, non. Je me suis engagé très tôt avec Franck Cammas et le team Groupama dans cette campagne, puisqu'on en parlait déjà à Galway à la fin de la précédente édition. On a commencé à travailler très tôt, dès le mois d'août 2009. Le temps et le soutien d'un partenaire solide sont des éléments importants de la réussite d'un tel projet. Les moyens mis en oeuvre d'un point de vue humain, que ce soit les navigants ou l'étude interne à Groupama, étaient à mon sens très judicieux. Je ne suis donc pas surpris par la position de Groupama dans cette Volvo Ocean Race, et par sa capacité à pouvoir rivaliser avec Telefonica. Je pense même faire partie des très optimistes depuis le début. Je ne me suis jamais inquiété de notre potentiel, même après le début de course qui a révélé quelques faiblesses à certaines allures. Je savais qu'on avait les capacités pour progresser. Ce que l'on a fait. Donc non, je ne suis pas surpris, et la deuxième édition ne serait pas forcément plus facile à gagner pour Groupama.
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- 17 Avr. 2012
