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Les cercles parisiens, une hécatombe incoercible

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  • 10 Oct. 2014
Les cercles parisiens, une hécatombe incoercible

La main-mise de la mafia corse:Central, mai 2012Central, situé rue de Frochot dans le IX arrondissement, ne donnait plus de signe de vie depuis mai 2012. Rideau métallique baissé et silence radio. Ce n'est qu'un mois plus tard, le 7 juin, que le Service Central des Courses aux Jeux (SCCJ) mettra la main sur Paul Paldacci, un sexagénaire originaire de Corse qui semble-t-il exerçait une certaine influence sur le cercle. Après enquête et avec l'aide de deux employés de l'établissement, les enquêteurs ont mis au jour le stratagème illégal du natif de l'Île de Beauté qui consistait à extorquer 1000 euros par jour pour financer le cavale de son frère, Julien Paldacci, arrêté mi-mai pour le braquage d'un fourgon en 1987. Paldacci aurait détourné près de 2,5 millions d'euros depuis 2005.Wagram et Eldo, 8 juin 2011Un petit flashback s'impose afin de comprendre les tenants et les aboutissants de l'affaire. En janvier 2011, les policiers ont observé d'importants mouvements financiers sur le compte banquaire d'un croupier de Wagram (XVIIe arrondissement), entraînant alors la mise sur écoute des dirigeants, également détenteurs du cercle Eldo (IIIe arrondissement). Un jackpot pour les forces de l'ordre qui ont assisté à la prise d'assault de la salle de jeux, le 19 janvier. Il s'est avéré que La Brise de mer, célèbre gang bastiais, tirait les ficelles. Mais qui sont les auteurs de cette attaque manu militari ? Des anciens hommes de Richard Casanova, assassiné en avril 2008 et ex-homme fort de ce même gang, qui ne voyaient pas d'un bon oeil l'arrivée d'Angelo Guazzelli, le nouveau ''patron'' de Wagram. Tout le monde connaît la suite. Association de malfaiteurs, extorsion de fonds et blanchiment en bande organisée sont les principaux faits d'accusations, scellant les sorts du 47, avenue de Wagram et du 33, Boulevard Saint-Martin.Concorde, novembre 2007Après 17 ans de fermeture, le Concorde a rouvert ses portes le 30 novembre 2006, avec aux commandes, Edmond Raffali et ses investisseurs Paul Lantieri et François Rouge. Jusqu'ici, tout va bien. Puis l'action s'est rapidement emballée. Deux mois plus tard, la police apprend que Lantieri est mouillé dans la tuerie de la brasserie des Marronniers à Marseille, tout en entretenant des relations étroites avec la pègre marseillaise. On apprendra que Roland Cassone, figure de la mafia phocéenne, finançait le cercle en sous-marin et blanchissait également de l'argent. Alors que rien ne va plus entre Lantieri et Raffali, les deux hommes font appels à Cassone pour régler leur différent. Ce dernier privilégiera Raffali en expulsant, à l'aide de membres de la bande corse des ''Bergers braqueurs'', dont Marcel Ciappa, Lantieri et son associé suisse François Rouge. Rouge s'adressera alors à un certain Paul Barril, ancien numéro 2 de GIGN et fondateur de la cellule antiterroriste de François Mitterand, dans l'espoir de récupérer son bien. En vain. En septembre 2007, Ciappa est abattu dans une clinique d'Aubagne par deux tueurs déguisés en chirurgien, entraînant l'arrestation de Barril, Rouge et Cassonne en novembre 2007. Lantieri, lui, connaîtra 6 ans de cavale avant de se présenter de son plein gré au procès, en mai 2013. Concorde renaîtra de ses cendres le 19 avril 2010 sous le nom de Cadet, toujours en activité.Parties clandestines et difficultés financières:Gaillon, 21 septembre 2012Depuis le début de l'année 2012, des rumeurs ne cessaient de circuler quant à la fermeture du cercle Gaillon. Faute de moyens financiers, l'établissement sera placé en procédure judiciaire par le Tribunal de Grande Instance de Paris, en juin. Trois mois plus tard, il officialisait sa liquidation judiciaire laissant la place aux trois derniers survivants de l'époque: ACF, Cadet et Clichy-Montmartre.Haussmann, 29 février 2008Sur décision du ministère de l'Intérieur, le cercle Haussmann, situé dans le IIe arrondissement, n'a pas reçu son renouvellement de fonctionnement. Les raisons ? Emplois non déclarés, chèques antidatés et cotisations détournées. Des accusations qui ne l'empêcheront pas de rouvrir le 15 septembre 2009. Cependant, le 23 mai 2011, la SCCJ interviendra et fermera le cercle, soupçonnant ses dirigeants d'organiser des parties clandestines aux hauts enjeux financiers.

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