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Muffat: "C'est plaisant..."
- Article
- 09 Juil. 2012
Même si le moindre de ses gestes reste scruté dans l'eau comme en dehors, Laure Manaudou n'est plus la tête d'affiche de la natation française, dépassée -le meeting EDF n'a fait que le confirmer- par Camille Muffat, véritable locomotive tricolore et meilleure chance, avec Yannick Agnel et Camille Lacourt, de médailles lors des Jeux Olympiques de Londres. La Niçoise se sait forte, mais ne s'emballe pas pour autant.
Camille, vous avez donné l'impression d'être très facile pendant ces deux jours de l'Open EDF ?
Pas facile... J'écoute ce que l'on me dit de faire. Mais aujourd'hui, avec l'expérience, je peux me permettre de partir très vite, ou très lentement, moyennement vite, moyennement lentement... Là (sur 400 mètres), le but était de faire un 400 mètres correct du matin, ce que je devrais faire à Londres (lors des séries), réaliser un 400 comme hier (vendredi) sur la deuxième partie de mon 800 mètres. Je pense qu'avec ça, ça suffira largement.
Avez-vous le sentiment que les sensations sont là ?
Oui, c'est vrai. Je me dis qu'ici même l'année dernière, j'avais nagé en 4'03", j'avais bien amélioré mon temps (ce chrono la plaçait alors à une seconde du record de France détenu en 4'02"13 par Laure Manaudou, ndlr). Mais les conditions n'étaient pas les mêmes. C'était une course construite, mais à l'arrivée, je n'aurais pas pu faire mieux, je n'aurais pas pu aller plus vite. Là, j'aurais pu nager bien plus vite si je l'avais voulu. Mais ce n'était pas forcément l'occasion. J'ai encore des choses à travailler avant de pouvoir tout lâcher.
Est-ce grisant de se dire que tout répond dans l'eau ?
Non, ce n'est pas grisant parce que je sais que toute l'année, même quand je suis fatiguée, j'arrive toujours à sortir quelque chose de très bien en compétition. Mais c'est plaisant de réussir des trucs que tout le monde n'arrive pas à faire, même si je sais très bien que tout ne se jouera qu'à Londres. C'est plaisant de réussir ce que l'on veut faire sur une course.
"Jamais été autant déterminée"
Espérez-vous commencer à vous amuser maintenant à l'entraînement après avoir beaucoup travaillé ces dernières semaines ?
Je l'espère... Ça sera peut-être à peine plus léger mais, quand on a passé huit ou neuf mois à vraiment beaucoup nager (un entraînement quotidien, dimanche compris, de 15-16 km en moyenne, ndlr), enlever ne serait-ce que 500 mètres par séance, c'est déjà beaucoup.
A quoi ça peut ressembler ?
A ce que je fais le reste de l'année, mais en sachant que Londres est de plus en plus proche, donc en poussant à chaque fois un peu plus. Je ne sais pas vraiment ce qui m'attend. Mais je me dis que ça sera peut-être parfois un peu plus léger et ça me fera déjà plaisir. Je sais qu'il n'y aura pas de gros affutage (période de pré-compétition où les nageurs baissent leur charge de travail pour reposer l'organisme et insister sur des parties techniques, ndlr). Pour Dunkerque, il n'y en a pas eu et ça s'est très bien passé. Je pense que j'ai besoin d'à peine plus et peut-être de ne pas tout centrer le matin à 7 heures. Il y aura peut-être quelques matins un peu plus tard...
Entre le confort ou le stress qu'il peut vous procurer, comment gérez-vous ce statut de favorite qui est le vôtre ?
Je ne pense pas être favorite. En France, oui, mais demandez aux Américains, ils ne vont pas vous dire que je suis favorite. Moi, personnellement, je n'ai pas l'impression d'avoir une grosse pression parce que ce que les gens attendent, c'est ce que j'attends. Quand les résultats sont toujours là, ça ne peut qu'aider à être plus déterminé. Je crois pouvoir dire que je ne l'ai jamais été autant que là. Et puis ce sont les Jeux !
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- 09 Juil. 2012
