Dovi: "Faire un hold up à Baku"
Le 04/02/12 à 10h30
Après sa victoire aux dépens des Beijing Dragons (4-1) mercredi soir à Wagram, Paris United s'envole sans certitude pour Baku (Azerbaïdjan), que la franchise parisienne défie samedi soir à l'occasion de la huitième journée des World Series of Boxing (WSB). L'entraîneur du club de la capitale, John Dovi, se livre avant ce remake de la demi-finale de la saison dernière.

John, vous êtes l'unique entraîneur de Paris United. Est-ce que ce métier vous plaît ?
Bien sûr ! C'est un challenge pour moi. L'année dernière, on était quand même deux et demi voire trois sur le projet (avec Kévinn Rabaud et Luis Mariano Gonzalez). Cette année, je me retrouve un peu tout seul à gérer ça, avec quelques appuis de temps en temps. Ça me plaît, mais ce n'est pas évident. C'est un défi que je relève volontiers, j'assume.

Quel est votre travail au quotidien, en dehors des combats ?
Il faut gérer les athlètes, les problèmes, les examens médicaux à faire pour ceux qui arrivent, parce que, à chaque fois, il y a des boxeurs qui arrivent au dernier moment. Il faut jongler avec les calendriers, certains boxeurs étant engagés aussi dans des championnats de France amateurs, donc ils sont vite indisponibles. Certains de nos boxeurs sont sur le projet olympique, donc c'est difficile d'y toucher, parce qu'ils sont en préparation pour la qualification des Jeux. Alors, des fois, on manque de catégories, de boxeurs dans certaines catégories.

Vous avez été champion de France, vous avez disputé les Jeux Olympiques à Sydney, comment êtes-vous devenu entraîneur ?
À la fin de ma carrière - j'ai arrêté en 2005 - je me suis lancé directement dans le professorat, je l'ai préparé en dix-huit mois à l'Insep. Ensuite, quand j'ai eu mon concours, j'ai été lancé dans le grand bain tout de suite, parce que je suis allé aux Jeux Olympiques à Pékin avec les athlètes, donc j'étais entraîneur. Après, ça n'a pas arrêté: j'ai enchaîné avec les championnats du monde, les championnats d'Europe...

Comment vous définiriez-vous en tant que coach ?
Je pense que je suis plus dans la psychologie, mais je suis quelqu'un de dur. Pour moi, tout est une question d'entraînement. Ce n'est pas la dureté pour la dureté. Je suis exigeant envers mes athlètes, parce que je suis exigeant envers moi aussi.

"Essayer de faire un hold-up à Baku"


Qu'avez-vous pensé de la salle Wagram, dans laquelle Paris United a battu Pékin (4-1) mercredi soir ?
Je ne vais pas dire que la salle, on s'en foutait ; mais le plus important, c'était le résultat. Effectivement, il fallait que l'on gagne. C'est encore mieux de gagner dans une salle aussi prestigieuse. Je ne la connaissais pas, elle est vraiment très, très, très belle, ça vaut vraiment le détour. J'espère que l'on y reboxera encore, avec des tarifs plus abordables, bien sûr, afin que tout le monde puisse venir. C'est évident. En y pénétrant, les boxeurs, et même moi, on s'est rendu compte que c'est plus qu'une salle de spectacles, plus qu'une salle de compétition pour la boxe. Il y a quelque chose dans cette salle, il y a quand même une âme.

C'est vrai que le prix des places (110 euros, 210 avec cocktail dinatoire) était cher...
En même temps, c'est une franchise, une société privée qui doit générer des bénéfices. On s'est rendu compte quand même que c'était ouvert à un public particulier. On est habitué à avoir une population un peu plus populaire. Là, vu les prix, c'était vraiment un public qui était trié sur le volet. De temps en temps, ça fait du bien pour la discipline aussi, que les gens, les peoples puissent un peu la découvrir. Peut-être que ça les attirera et que ça les emmènera à côtoyer des gens un peu plus modestes.

Cette victoire était primordiale pour la suite de la compétition...
Il ne faut pas se voiler la face: les Chinois, ce n'est pas Baku. Ce qui est bien, c'est que l'on a gagné largement. Je ne suis pas content de toutes les prestations, mais, dans la majorité, les gars ont gagné comme il fallait. C'est le principal. On n'a pas sauté de joie, il fallait juste assurer, faire des belles prestations dans un endroit magique avec un peu de monde et se concentrer sur Baku, où ça va être autre chose.

Là-bas, vous emmenez vos meilleurs boxeurs du coup...
Je ne vais pas dire ça. On ramène des éléments qui vont nous permettre d'essayer de faire un hold-up à Baku, si les juges jouent le jeu. On sait que ça ne va pas être évident, ce sont des bons boxeurs, donc on verra bien. En tout cas, l'année dernière, on leur a mis 5-0 chez nous et je sais qu'ils l'ont en travers de la gorge, mais d'une force ! Donc je pense que ça leur tient à coeur aussi de nous mettre 5-0, mais il en est hors de question.

Un dernier mot sur les JO. Vous voyez l'un des Français (entre Rachid Azzedine, Alexis Vastine et Jérémy Beccu) être médaillé cet été ?
Pour l'instant, je vois trois médaillés possibles. Aux Jeux, tout peut arriver, c'est vrai. Toutes les forces des boxeurs sont multipliées par cent. Ils ne sont plus pareils, on ne sait pas pourquoi, mais c'est la magie et l'ambiguïté des Jeux. Tous les rêves sont possibles.
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