
Diniz veut que ça marche
Le 08/02/12 à 12h10
Après l'immense déception causée par son élimination précoce aux Mondiaux sur le 50km marche, Yohann Diniz est désormais tourné à 100% vers les Jeux olympiques. Même si la cicatrice reste assez profonde, le champion d'Europe sait que seule une attitude positive lui permettra de "réussir ses Jeux", ce qui demeure son principal objectif à ses yeux. Persuadé que le travail paiera, le postier se montre plutôt serein.
Près de six mois plus tard, inutile de le cacher. Daegu a été un traumatisme pour Yohann Diniz, et il ne sera pas si simple de l'effacer. "Pour l'instant, je n'arriverais pas à regarder la course de nouveau. Je verrai ça après Londres." Champion d'Europe en titre, le Champenois arrivait sur un boulevard pour conquérir un pré-Graal avant les JO. Mais le boulevard était peut-être un peu trop ouvert. "Je suis toujours meilleur dans le doute que quand j'arrive sur un plateau, où je réponds rarement présent. C'est quand il y a une petite part de doute, d'incertitude, que j'arrive le mieux à me révéler."
En occultant les Mondiaux, où Diniz avait été rapidement exclu à la stupeur générale pour trois cartons rouges, tous les voyants sont donc au vert. Le champion d'Europe du 50km marche vient d'effectuer sa rentrée à Moscou sur un 5km en salle, et il n'y a trouvé que du positif. "J'ai joué pendant 3 000m, j'ai pris un carton rouge et je me suis calmé. Je me suis dit que je n'allais pas refaire une Daegu." Désormais, le sportif en rigole. Mais l'homme sort d'une longue période de doute, qu'il n'a pas été évident de dépasser.
"Il y a eu une grosse incompréhension de ma part. Je savais marcher, et je me suis demandé pourquoi, du jour au lendemain, je ne savais plus et j'étais le plus dégueulasse au monde. Jusqu'à début janvier, c'était vraiment très dur, et petit à petit c'est revenu." A un tel niveau, l'essentiel n'est pas de participer, mais plutôt de positiver. Ce que Diniz s'efforce de faire en vue des JO, afin de ne pas passer à côté de l'objectif ultime d'une carrière. "Il ne faut pas trop psychoter, je pense qu'il y a eu un épiphénomène qui ne se représentera pas."
A Daegu, il a "pété les plombs"
Au moins, Daegu a permis au facteur d'appréhender une nouvelle facette, inhérente au sport de haut niveau: "Quand j'ai gagné à Barcelone, j'ai fait 50 bornes tout seul et tout le monde m'a dit que c'était une super tactique. A Daegu, j'ai fait pareil, mais d'un seul coup ça devenait n'importe quoi." Revenir sur ce douloureux mois d'août semble enfin réalisable pour Diniz, formidable de sincérité au moment d'évoquer les Mondiaux et son rapport à l'équipe de France. "J'ai pété les plombs. Sur place, j'ai essayé de rester digne parce que ce n'était pas fini. Il y avait encore les relais, une bonne dynamique. Je ne voulais pas arriver avec mes états d'âme, faire le mec qui fait la gueule."
A mi-chemin, presque jour pour jour, entre Daegu et Londres, les priorités sont clairement fixées. L'heure est venue de basculer de l'autre côté, d'écrire une nouvelle page et de tout mettre en oeuvre pour que la boucle soit bouclée de la plus belle des façons. "Je n'arriverai pas 10 jours avant au village, sinon je perds de l'influx et c'est terrible. Il y a une interdiction d'échec, mais sans se mettre de pression. Il faut juste savoir qu'il faut être prêt pour ça. Notre DTN nous le répète depuis quatre ans: London 2012 ! On est prêt pour ça normalement." Tranquille, serein et sûr de sa force, Diniz va simplement tirer les leçons du passé récent.
"Il faut essayer de rentrer dans un moule, un stéréotype, un peu comme les Russes, qui marchent sur une ligne. Mais c'est assez difficile, le naturel revient au galop. Après tout, ça fait 10 ans que je marche, j'ai vraiment commencé en 2004. Je peux encore progresser sur ces aspects-là, mais bon..." Un "mais bon" qui veut dire beaucoup, et qui n'a d'autre signification que de se persuader d'une chose: Daegu ne se reproduira pas tous les jours, et lui n'est pas devenu un peintre du jour au lendemain. "Le plus important, c'est de réussir mes Jeux. A Barcelone ça s'est bien passé, à Daegu j'ai pris une claque, donc j'ai les clés de la réussite. Tactiquement, je sais ce que je dois reproduire et aussi ne pas faire." La maturité, sans doute. Même si le 11 août prochain, le résultat sera encore et toujours le seul juge de paix.
Près de six mois plus tard, inutile de le cacher. Daegu a été un traumatisme pour Yohann Diniz, et il ne sera pas si simple de l'effacer. "Pour l'instant, je n'arriverais pas à regarder la course de nouveau. Je verrai ça après Londres." Champion d'Europe en titre, le Champenois arrivait sur un boulevard pour conquérir un pré-Graal avant les JO. Mais le boulevard était peut-être un peu trop ouvert. "Je suis toujours meilleur dans le doute que quand j'arrive sur un plateau, où je réponds rarement présent. C'est quand il y a une petite part de doute, d'incertitude, que j'arrive le mieux à me révéler."
En occultant les Mondiaux, où Diniz avait été rapidement exclu à la stupeur générale pour trois cartons rouges, tous les voyants sont donc au vert. Le champion d'Europe du 50km marche vient d'effectuer sa rentrée à Moscou sur un 5km en salle, et il n'y a trouvé que du positif. "J'ai joué pendant 3 000m, j'ai pris un carton rouge et je me suis calmé. Je me suis dit que je n'allais pas refaire une Daegu." Désormais, le sportif en rigole. Mais l'homme sort d'une longue période de doute, qu'il n'a pas été évident de dépasser.
"Il y a eu une grosse incompréhension de ma part. Je savais marcher, et je me suis demandé pourquoi, du jour au lendemain, je ne savais plus et j'étais le plus dégueulasse au monde. Jusqu'à début janvier, c'était vraiment très dur, et petit à petit c'est revenu." A un tel niveau, l'essentiel n'est pas de participer, mais plutôt de positiver. Ce que Diniz s'efforce de faire en vue des JO, afin de ne pas passer à côté de l'objectif ultime d'une carrière. "Il ne faut pas trop psychoter, je pense qu'il y a eu un épiphénomène qui ne se représentera pas."
A Daegu, il a "pété les plombs"
Au moins, Daegu a permis au facteur d'appréhender une nouvelle facette, inhérente au sport de haut niveau: "Quand j'ai gagné à Barcelone, j'ai fait 50 bornes tout seul et tout le monde m'a dit que c'était une super tactique. A Daegu, j'ai fait pareil, mais d'un seul coup ça devenait n'importe quoi." Revenir sur ce douloureux mois d'août semble enfin réalisable pour Diniz, formidable de sincérité au moment d'évoquer les Mondiaux et son rapport à l'équipe de France. "J'ai pété les plombs. Sur place, j'ai essayé de rester digne parce que ce n'était pas fini. Il y avait encore les relais, une bonne dynamique. Je ne voulais pas arriver avec mes états d'âme, faire le mec qui fait la gueule."
A mi-chemin, presque jour pour jour, entre Daegu et Londres, les priorités sont clairement fixées. L'heure est venue de basculer de l'autre côté, d'écrire une nouvelle page et de tout mettre en oeuvre pour que la boucle soit bouclée de la plus belle des façons. "Je n'arriverai pas 10 jours avant au village, sinon je perds de l'influx et c'est terrible. Il y a une interdiction d'échec, mais sans se mettre de pression. Il faut juste savoir qu'il faut être prêt pour ça. Notre DTN nous le répète depuis quatre ans: London 2012 ! On est prêt pour ça normalement." Tranquille, serein et sûr de sa force, Diniz va simplement tirer les leçons du passé récent.
"Il faut essayer de rentrer dans un moule, un stéréotype, un peu comme les Russes, qui marchent sur une ligne. Mais c'est assez difficile, le naturel revient au galop. Après tout, ça fait 10 ans que je marche, j'ai vraiment commencé en 2004. Je peux encore progresser sur ces aspects-là, mais bon..." Un "mais bon" qui veut dire beaucoup, et qui n'a d'autre signification que de se persuader d'une chose: Daegu ne se reproduira pas tous les jours, et lui n'est pas devenu un peintre du jour au lendemain. "Le plus important, c'est de réussir mes Jeux. A Barcelone ça s'est bien passé, à Daegu j'ai pris une claque, donc j'ai les clés de la réussite. Tactiquement, je sais ce que je dois reproduire et aussi ne pas faire." La maturité, sans doute. Même si le 11 août prochain, le résultat sera encore et toujours le seul juge de paix.