Lavillenie: "Pas si dur que ça..."
Le 31/01/12 à 14h52
Renaud Lavillenie sourit à nouveau. Victime d'une fracture de la main en fin d'année, le perchiste français a passé sept semaines difficiles pendant sa convalescence. De retour à l'entraînement, il a retrouvé ses sensations, enchaînant déjà les sauts à Aubière. Il ne lui reste plus qu'à confirmer en compétition. Rendez-vous est pris à Donetsk le 11 février.

Comment vivez-vous le fait d'avoir repris le saut à la perche ?
Ça va très bien, j'avais hâte de reprendre l'entraînement, le moral est bon. Je n'avais pas le choix de toute façon... Ces sept semaines d'arrêt sont terminées, j'ai repris mon rythme normal, ça fait du bien. Je suis de retour au stade, ça me donne forcément le moral. Le fait d'avoir tout de suite retrouvé mon niveau, c'est très satisfaisant.

Quelle période a été la plus dure ?
Le plus dur, cela a été les deux dernières semaines car je pouvais tout faire sauf de la perche. Mais au final, c'était plus la monotonie des semaines et des séances car je venais pour faire de la course. C'était assez compliqué mais on a réussi à bien gérer, j'ai fait pas mal de bondissements, j'ai réussi à trouver d'autres défis, des nouveaux challenges ce qui m'a permis de voir autre chose. Au final, ça s'est passé plutôt rapidement avec aussi la chance d'avoir eu les fêtes pendant ces périodes ce qui a permis que ça passe plus rapidement. Ça a été dur mais pas tant que ça.

Avez-vous retrouvé toutes vos sensations ?
Disons que j'ai retrouvé 95% de mes sensations avec la perche. A ma grande surprise, elles sont presque meilleures, techniquement c'est aussi bon qu'avant donc c'est positif. Il faut que je retrouve mon attaque pour être à 100%. C'est sur la fin de course que je dois retrouver l'engagement total, mais c'est une perte infime qui devrait disparaître en compétition. Je n'ai que trois séances de perche derrière moi, c'est prometteur pour l'hiver et il n'y aura aucun souci pour l'été.

"Retour à la normale"


La fracture n'aura donc aucune incidence sur la préparation pour les JO ?
Non car on était loin de la saison estivale. Le programme reste le même, je vais aller à Donetsk (11 février), avant de faire Liévin (14 février), Nevers (18 février), les France ici à Aubière (25-26 février) puis les Mondiaux en salle (9-11 mars). C'est un retour à la normale même s'il faut que je remette encore tout en place, je peux me projeter vers l'avenir...

Avez-vous encore des douleurs ?
Non mais je n'ai finalement pas vraiment eu de douleurs dues à la fracture. Le kiné me torture la cicatrice, je travaille trois à quatre fois par semaine pour retrouver de la mobilité, c'est une zone qui était sensible lors de la reprise mais il n'y aura pas de séquelle et c'est le plus important.

Est-il prévu que les vis soient retirées ?
Non, le chirurgien a mis deux vis pour solidifier, comme ça je suis sûr que ça ne pètera pas. Après, si à l'avenir, cela venait à me gêner je verrais le chirurgien pour faire ce qu'il faut.

Vous allez reprendre la compétition à Donetsk, qu'attendez-vous de cette compétition de reprise ?
C'est un rendez-vous intéressant. Je vais réattaquer sur la plus grosse compétition mondiale en salle, il y aura donc de la pression. J'y vais sans réglage, le challenge sera de savoir répondre présent face à une opposition. L'an dernier, j'ai sauté 5,92m, là j'entre directement dans le vif du sujet à quatre semaines des championnats du monde. Cela va me permettre de voir si ça se passe bien ou si je connais des difficultés. Si je me rate, après deux semaines de compétition ce serait compréhensible, si je réussis ce sera très bien.

"Je vais plus haut en compétition qu'à l'entraînement..."


Qu'attendez-vous de cette compétition en termes de performance ?
Quand je vois ce que je fais à l'entraînement, si je mets tout en place, la hauteur ne sera pas un problème. Malgré tout, il y a beaucoup de paramètres, alors on verra bien. Je vais profiter de la fête, chercher à faire une belle place et pourquoi pas réaliser une performance.

Votre programme est-il déjà défini ?
Pour la saison hivernale, oui. Je vais faire Donetsk, Liévin, Nevers, les France et les Monde le 10 mars. Cela va faire quatre semaines de compétition, soit un programme condensé avec à chaque fois une belle confrontation, hormis à Nevers. On sera à chaque fois trois ou quatre à 5,70m, j'attends de pouvoir retrouver rapidement des performances et de la compétitivité.

En quoi la saison hivernale est-elle importante ?
La saison en salle est toujours importante car cela permet de changer d'air et de couper après la période de préparation qui dure trois à quatre mois. Pour la perche, il n'y a aucune différence, c'est le même sautoir, la même piste même si on est mieux lotis car il n'y a ni vent ni pluie. Et puis, il y a toujours des médailles à prendre à l'Euro et lors des Monde, dans une année olympique ces tests permettront de savoir si je suis bien ou ce qu'il y convient de continuer à travailler.

Ces expériences sont-elles importantes à vos yeux ?
J'aime la compétition, je vais plus haut en compétition qu'à l'entraînement. C'est important d'aller chercher les victoires pour arriver aux Jeux avec toutes les armes de mon côté, d'avoir vécu toutes les expériences possibles cette année. L'Euro, les Mondiaux et les meetings permettent de rencontrer la concurrence, en vue des JO c'est important. Certains préfèrent ne pas trop sortir et tout risquer sur une compétition, ce n'est pas ma façon de faire. En 2011 par exemple, si j'avais tout misé sur les Mondiaux, le bilan serait amer mais même si c'était la compétition la plus importante, il y a eu d'autres satisfactions (il a remporté la Diamond League). Je sais ce qui a marché et ce qui n'a pas marché et ça me donne encore plus envie...
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