Goldman
Passé par la guérilla latino-américaine, Pierre Goldman est devenu une figure mythique du mouvement contestataire des années 1960. Accusé du meurtre de deux pharmaciennes, son procès va diviser la France. Condamné, puis acquitté lors d'un deuxième procès, il sera finalement assassiné en pleine rue, peu après sa libération. L'assassinat sera revendiqué par un groupe d'extrême droite, Honneur de la police. Vingt-cinq ans après son mystérieux assassinat, ce film a pour but de restituer une époque, celle des années 1960-1970, à travers la trajectoire paroxystique de ce juif polonais, né sous l'Occupation de parents résistants et mort à 35 ans à l'aube des années 1980... Et à l'aube d'une autre époque : celle de l'arrivée de Mitterrand au pouvoir.
PORTRAIT D'UN INSOUMIS
Personne ou presque ne sait aujourd'hui qui était Pierre Goldman. Son parcours à la marge et sa mort prématurée l'ont effacé des mémoires. Restent son livre, ses articles, l'amitié toujours vivace d'une poignée d'irréductibles camarades, quelques photos, et l'ombre d'un double meurtre qui a longtemps plané au-dessus de lui.
Qui était Pierre Goldman ? Ses contemporains eux-mêmes se sont perdus
en conjectures. Au moment du procès, les journaux télévisés évoquaient le Juif, le gauchiste, le fils de résistants Pierre Goldman. Les intellectuels voyaient en lui un écrivain. L'extrême gauche un coupable désigné par une justice de classe.
Les musiciens de la Chapelle des Lombards le considéraient comme un compagnon d'ivresse, tandis que certains voyous créoles le comptaient parmi leurs complices. Autant de facettes d'un homme qui ne s'aimait pas.
Faut-il chercher dans ces différents visages le signe d'une identité hésitante ?
Et la violence est-elle à mettre au compte du mal-être qui semble ne jamais l'avoir quitté ?
Insoumis, Goldman l'a été depuis l'enfance et jusqu'à sa mort. À l'école, dans les manifestations du Quartier latin, en Amérique du Sud ou en France, il n'est jamais rentré dans le rang. Trop orgueilleux, trop fragile, trop fier pour jouer les moutons, Pierre Goldman n'a jamais rien fait comme les autres. Il criait plus fort, il tapait plus violemment, et il prenait plus de risques, quittant Paris et ses boulevards pour la jungle du Venezuela. Doit-on parler de défi ou bien de fuite ?
De retour à Paris, le guérillero échoue dans les arrière-boutiques où il braque
le commerçant armé d'un pistolet. Il faut bien peu d'estime de soi pour en arriver là.
Il semble que les années de prison aient été relativement sereines. L'écriture le réconcilie un peu avec lui-même. Le paria est porté aux nues. Goldman est libre, mais est-il seulement heureux ? Il refuse la place que lui offre le système, insoumis jusqu'au bout.
L'engagement et le courage de Pierre Goldman n'ont pas trouvé de cause.
L'Histoire ne lui a pas donné rendez-vous, il a dû se contenter d'un fait divers.
En cela, c'est un personnage tragique qui méritait un film.
Fabrice de la Patellière
Directeur de la Fiction française, CANAL+
DIFFUSION LE 29 AOUT 2011 sur CANAL+
Présentation
Une fiction de 90 minutes
Réalisée par Christophe Blanc
Librement inspiré du livre de Michaël Prazan, "Pierre Goldman, le frère de l'ombre" (éditions du Seuil, mars 2005)
Avec Samuel Benchetrit, Pierre-Félix Gravière, Arié Elmaleh, Johan Leysen, Olivier Claverie, Adèle Haenel, Yannick Choirat, Tony Mpoudja, Thibault Lacroix, André Marcon...
SYNOPSIS
Goldman retrace la vie de la figure mythique du mouvement contestataire des années 1960 et revient sur son époque.
DIFFUSION LE 29 AOUT 2011 sur CANAL+
LE DOC ÉVÈNEMENT
Skinheads : à la droite de l'extrème droite
REDIFFUSION : LUNDI 10 JUIN 2012 A 22H40 Crânes rasés, toujours vêtus de noir, en blousons militaires et chaussures « rangers », les skinheads sont les gros bras de l'extrême droite. Racistes et antisémites, ils adorent faire le coup de poing contre les immigrés. En 1995, la mort d'un jeune...

Bande-annonce