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Nicolas et Bruno font du X

  • Journal du Hard
  •  
  • 17 Nov. 2014

En parallèle à la diffusion de leur Message à caractère pornographiqe pour les 30 ans de CANAL+, Nicolas et Bruno ont été interviewés par le magazine SO FILM, dans le numéro actuellement en vente ...

Vidéo : Les appels de l'Ultra-Sex - Message à caractère pornographique
Message à caractère pornographique
 

Comme ils avaient fait le Message à caractère informatif entre 1998 et 2000, les deux réalisateurs ont préparé un Message à caractère pornographique pour les 30 ans de CANAL+. Leur travail ? Visionner des heures et des heures de films porno tous plus loufoques les uns que les autres.
Visite guidée par Joachim Barbier

À force de visionner 30 à 40 films pour adultes par jour, ils ont eu envie, eux aussi, de s’inventer un pseudo digne des plus performants hardeurs de la profession. Alors, Nicolas a choisi Randy Rangers. Bruno, lui, s’identifie à Jonnie Rockit. « Jonnie sans h », précise-t-il.
Le duo de réalisateurs, à l’origine du Message à caractère informatif diffusé sur CANAL+ entre 1998 et 2000, a défriché pendant plusieurs mois l’essentiel de la production porno diffusée entre 1974 et le début des années 1990. Une parenthèse dorée qui s’ouvre avec la légalisation du X en salle, aux US et en France, et se referme avec l’arrivée d’internet. Officiellement, Randy et Jonnie n’ont pas retenu les scènes d’action, plutôt pauvres en phrases construites, mais les scènes d’approche dites de « comédie » puisque, sur le même ressort que les pastilles du Message à caractère informatif qui recyclaient les films d’entreprise, leur objectif était de détourner et de remonter les dialogues originaux. Cela s’appelle Message à caractère pornographique et l’exercice entre dans la programmation de la célébration des trente ans de CANAL+, ce mois de novembre.
Au-delà de la commande, les réalisateurs espèrent sortir une version longue pour le cinéma parce que, comme le dit Nicolas : « Ce serait quand même génial de le sortir dans une salle pour retrouver le plaisir d’aller voir un film de cul au cinéma. Ce qu’on ne fait plus. »

Des Japonaises au lait diabolique
En attendant, ils admettent que leur « culture en la matière était assez réduite », selon Bruno. « On est allé chercher des spécialistes, des consultants, enfin des gens qui connaissent le secteur, pour gagner du temps et nous orienter. Ils nous ont dit : “Là, vous arrivez dans un monde, vous n’imaginez même pas.”
Du coup, on a établi des critères de recherche assez pointus pour les éclairer en donnant un maximum de paramètres sans pour autant vouloir fermer le truc. Au fur et à mesure, on a découvert des trucs de dingues, comme les films de cul dans l’espace, des mecs à poil qui conduisent des vaisseaux. À l’arrivée, c’est vraiment une sélection what the fuck. »
Par exemple, Roller babies, film américain qui tente d’immiscer le sexe dans le milieu du patinage artistique sur roulettes. Bruno : « Les comédiens sont des hardeurs, il ne savent pas faire du roller, ils se pètent la gueule. Ils font plus ou moins des figures en couple et essayent de faire des trucs porno, donc tu vois la nana qui essaye de sucer un mec tout en roulant. Le mec ne bande pas parce qu’il faut choisir entre baiser et rester à l’équilibre. Ça ne marche pas du tout, à aucun moment. C’est complètement raté. »
Ils ont débusqué quelques pépites comme Lesbian Erotica Queen vs Abnormal Big Tits Moma Ranger. Nicolas : « Ce sont des Japonaises déguisées en Power Rangers, elles ont un lait diabolique qui sort de leurs seins. »
Ou alors Toy Shop, un court métrage d’animation en stop motion, « totalement inconnu, vendu sous le manteau », selon Nicolas. « Ça se passe dans un magasin de jouets. Big Jim se réveille et commence à baiser toutes les Barbies. Un truc de 1982, bien avant Toy Story, et c’est impossible que les gars de Pixar n’aient pas vu le film.»
Ils ont aussi découvert des sous-genres, comme le style dit “tentaculo” qui « marche très bien au Japon », selon les deux réalisateurs : « C’est des tentacules, en forme de bite, de 15 mètres de longueur, qui tournent autour de la fille et l’entourent, avec, à l'intérieur du gland, des petits calamars qui lui lèchent le minou. C’est abominable. » Un de leurs spécialistes leur a sorti un tentaculo de bureau où la fille se fait attraper par les fils de sa souris d’ordinateur. Ils trouvent ça « hyper sensuel », peut-être parce que les scènes de bureau, « c’est un peu notre ADN », admet Bruno.
À l’arrivée, les Américains sont très forts pour le côté « corvette rouge, talons aiguille et brushing », les Japonais sont « toujours sur la domination masculine et les sévices » et les Français « font ça en bande de potes, pour se marrer. » Bruno : « On a peu de films allemands, ça part vite dans la gaudriole bavaroise, en culotte de peau, dans le foin, c’est difficile d’en faire quelque chose », car ce qui fonctionne, « c’est quand les acteurs sont dans le premier degré. »

Hardeurs en blind-test
Effet collatéral de ces centaines d’heures passées à regarder du X en accéléré, « on est devenu de vrais spécialistes », selon Bruno : « On fait partie des rares personnes sur Terre capables de reconnaître les pénis des hardeurs en blind-test. » Ils sont ainsi tombés sous le charme de Marc Wallice, qui possède « un pénis très, très long et très, très pointu, flamboyant », a observé Nicolas.
Et puis aussi Peter North. Un acteur « étonnant », selon Bruno : « Une coupe de cheveux – mulet derrière, brosse dessus – qui a fait 350 films hétéro, 300 films gay, un véritable athlète de haut niveau qui devait tourner tous les jours. » « Et quand il aboutit, c’est des litres », s’enthousiasme Nicolas. « Quand on en a parlé à l’un de nos consultants, il nous a parlé du mythe : “Mais attends, dans le milieu, Peter North on l’appelle ‘Canette de bière’, c’est une légende !” ».

Pendant ces mois de visionnage, ils ont eu leurs phases. « Au début, c’est un peu tout feu, tout flamme. La deuxième, un peu plus inquiétante où t’as l’impression de reconnaître une actrice dans chaque fille que tu croises dans le métro. Et une troisième où tu t’habitues », résume Nicolas. Le porno représente un retour aux sources jubilatoire pour Nicolas et Bruno, puisqu’avant d’imaginer des dialogues surréalistes pour Berthier et tous ses collègues à nuque longue de la Cogip, ils s’étaient fait la main « en détournant déjà des scènes de films de boule, des trucs à base de VHS qui ne sont jamais sortis nulle part », se rappelle Nicolas.
Ils ont d’ailleurs vécu l’arrêt du Message à caractère informatif comme une frustration. « On a stoppé tout simplement parce qu’on n’avait plus d’images exploitables. À la fin, on avait vingt documentalistes dans le monde qui bossaient comme des fous pour trouver les images, les acquérir, auprès de boîtes comme Coca-Cola, par exemple. Alors qu'au départ c’étaient deux cons dans un cagibi qui refaisaient des dialogues. C’était devenu aussi cher à produire que faire Star Wars. »
Propos recueillis par JB


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  • 17 Nov. 2014

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